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BYD en Europe : acquisition de marques emblématiques et usines inactives

BYD discute avec Stellantis pour explorer l’acquisition d’usines sous-utilisées en Europe, Stella Li affirmant que « Nous cherchons toutes les usines disponibles en Europe ». En parallèle, BYD envisage également le rachat de marques européennes en difficulté, ayant mentionné Maserati comme « très intéressante », tout en précisant qu’« On étudie. Mais on n’a encore rien fait. »


Ce n’est plus un secret pour personne, BYD s’intéresse aux usines européennes sous-utilisées, et elles sont nombreuses en raison du ralentissement des ventes de voitures en Europe. En discussions avec Stellantis et d’autres constructeurs, le constructeur chinois envisage également le rachat de marques emblématiques en difficulté.

Les usines sous-utilisées, les ventes en baisse et l’électrification plus complexe que prévu dressent un tableau peu reluisant de l’état actuel de l’industrie européenne. Pour tenter de redresser la situation, il a été observé ces dernières semaines que certains constructeurs chinois se portent sur plusieurs usines européennes en sous-activité.

C’est le cas de XPeng, dont le partenariat avec Volkswagen pourrait évoluer en Europe prochainement, ainsi que de Dongfeng, qui se penche sur des usines de Stellantis. Dongfeng est en partenariat avec le groupe (ex-PSA Peugeot Citroën) depuis environ trente ans pour ses activités en Chine.

Dongfeng n’est pas le seul à s’intéresser aux usines de Stellantis. En effet, selon des informations relayées par Automotive News, BYD discute également avec Stellantis. Stella Li, la vice-présidente exécutive de BYD, responsable notamment de l’expansion internationale du groupe, a déclaré sans détour lors de la conférence « Future of the Car » organisée par le Financial Times à Londres : « Nous cherchons toutes les usines disponibles en Europe ».

Le contexte est bien connu : plusieurs constructeurs européens souffrent d’une surcapacité industrielle. Stellantis en est un exemple, ayant annoncé début mai un partenariat élargi avec le chinois Leapmotor pour produire à Saragosse une nouvelle Opel électrique et le SUV B10, tout en discutant du transfert de son site de Villaverde (Madrid) à Leapmotor.

Volkswagen fait face à une situation similaire. Pour BYD, ces sites en difficulté représentent une opportunité à saisir, sans avoir besoin de construire de nouvelles infrastructures.

L’usine Cassino de Stellantis, en Italie, est également au centre des discussions. Stella Li n’a pas confirmé de visite particulière, mais a reconnu que BYD avait inspecté « de nombreuses usines » en Europe. « L’Italie est sur la short list », a-t-elle annoncé.

Pour rappel, l’usine de Cassino, située dans le Latium, produit actuellement l’Alfa Romeo Giulia, le Stelvio et le Maserati Grecale, à un rythme très inférieur à sa capacité nominale. Cet sous-emploi en fait une cible logique pour un industriel chinois souhaitant produire rapidement, sans avoir à bâtir.

BYD souhaite opérer de façon indépendante, sans coentreprise. « C’est plus simple », selon Stella Li. Cela signifie que BYD aspire à être le principal acteur de sa production européenne, sans dépendre d’autres constructeurs.

À long terme, la France pourrait également attirer l’attention de la marque, en raison de ses prix de l’électricité, compétitifs par rapport à ceux du reste du continent. Plusieurs usines de Stellantis fonctionnent au ralenti, notamment celle de Rennes où est actuellement produit le Citroën ë-C5 Aircross, usine qui est également dans le viseur de Dongfeng.

En attendant, BYD avance de manière plus concrète en Hongrie, où une usine vient d’entrer en production d’essai à Szeged, avec une capacité initiale d’environ 150 000 véhicules par an, pour atteindre ultérieurement 300 000, notamment pour la Dolphin Surf et l’Atto 2.

Une autre approche moins attendue concerne l’éventuel rachat de marques européennes fragilisées. Maserati a été mentionnée comme « très intéressante » par Stella Li, bien qu’elle ait rapidement tempéré cette déclaration : « On étudie. Mais on n’a encore rien fait. »

Ce balancement entre intérêt affiché et prudence marquée caractérise actuellement la communication de BYD. Le groupe monte en gamme avec Denza, sa marque premium, qui recrute activement chez Porsche et a récemment lancé en France la Denza Z9GT, un shooting brake électrique de 1 156 ch, capable de rivaliser avec la Panamera ou le Taycan de Porsche.

L’image qui se dessine n’est pas celle d’un débarquement soudain, mais d’une infiltration patiente et calculée. BYD prend le temps d’évaluer, de visiter, de discuter pour éviter les droits de douane européens, tout en jouant sur la sensibilité sociale, en arguant que la présence chinoise pourrait aussi permettre de préserver des milliers d’emplois. Pendant ce temps, les usines européennes continuent de fonctionner à vide, entraînant des pertes financières pour les principaux concernés.