Lunettes connectées : la CNIL ne met pas en garde contre la surveillance ambiante.
La CNIL a ouvert un plan d’action dédié aux lunettes connectées et a publié les résultats d’un sondage selon lequel 67 % des Français estiment que ces dispositifs représentent un risque pour leur vie privée. Entre le 22 et le 29 janvier 2026, la CNIL a interrogé en ligne 2 128 personnes, un échantillon représentatif des Français majeurs.
La CNIL lance un plan d’action relatif aux lunettes connectées et appelle à la vigilance collective, soulignant que deux tiers des Français perçoivent déjà ces dispositifs comme une menace pour leur vie privée.
L’autorité française de protection des données n’attend pas que les Ray-Ban Meta envahissent les terrasses de Paris pour agir. Elle a récemment ouvert une initiative dédiée aux lunettes connectées, accompagnée des résultats d’un sondage révélateur : 67 % des personnes interrogées estiment que ces dispositifs présentent un risque pour leur vie privée.
Meta écoule ses lunettes par millions, Google et Gucci préparent également leurs propres modèles connectés, et chaque marque technologique propose sa paire équipée d’une caméra. Pour évaluer la situation, la CNIL a interrogé en ligne 2 128 individus entre le 22 et le 29 janvier 2026, représentant un échantillon des Français majeurs.
Au-delà de ce chiffre, les termes utilisés sont clairs : « méfiance », « malaise », « inquiétude », voire « agacement ». Les préoccupations se concentrent principalement sur le droit à l’image, l’utilisation des données collectées et les dérives potentielles liées à l’intelligence artificielle, y compris les hypertrucages.
La distinction par rapport au smartphone est essentielle dans ce débat. Avec un smartphone, l’utilisateur le sort, l’oriente, et les personnes autour savent qu’elles peuvent être enregistrées. En revanche, cela n’est pas le cas avec des lunettes. L’autorité fait mention d’un changement de « surveillance fixe, signalée et encadrée » vers une « surveillance mobile, quasi invisible et omniprésente », ce qui pourrait amener les passants à s’autocensurer. Bien que les Ray-Ban Meta intègrent un voyant LED censé alerter sur l’enregistrement, la CNIL considère son efficacité « limitée » et son absence sur certaines utilisations.
Sur le plan juridique, la situation demeure inchangée. L’article 226-1 du Code pénal sanctionne déjà d’un an d’emprisonnement et d’une amende de 45 000 euros le fait d’enregistrer une personne dans un espace privé sans son consentement.
Les lunettes ne modifient pas la législation, mais elles rendent plus facile la violation de celle-ci. Comme l’a rapporté Numerama, le plan d’action de la CNIL vise à établir une réponse coordonnée au sein du Comité européen de la protection des données, qui regroupe les autorités similaires de l’UE.
Dans l’intervalle, la CNIL émet six recommandations pour les utilisateurs : informer les personnes alentour, désactiver les capteurs par défaut, éteindre les lunettes lorsque le téléphone est éteint, et obtenir le consentement avant toute publication. Ces conseils semblent raisonnables sur le papier, mais il est peu probable qu’un porteur de Ray-Ban Meta avertisse à chaque fois son entourage dans un café qu’il pourrait filmer. L’autorité a fixé le cadre, il revient maintenant aux fabricants et au législateur européen d’agir.

