Maroc

Le caftan marocain ne dévoile pas ses splendeurs à Pékin.

Le caftan marocain a été inscrit en décembre dernier sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Le défilé de mode qui s’est tenu dimanche à Pékin s’inscrivait dans le cadre du Festival maroco-chinois de la culture et des sports, organisé par l’ambassade du Royaume.


Le caftan marocain a émerveillé, dimanche à Pékin, lors d’une soirée de haute couture marquée par un défilé qui a plongé les invités dans la richesse d’un patrimoine vestimentaire séculaire. Ce spectacle s’inscrit dans le cadre du Festival maroco-chinois de la culture et des sports, organisé par l’ambassade du Royaume pour célébrer le dixième anniversaire de la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Chine et la signature de la Déclaration établissant le Partenariat Stratégique entre les deux pays, le 11 mai 2016. Sous la direction artistique de Wafaa Fahmi, le défilé a présenté trois créatrices marocaines dont les collections s’inspirent des racines profondes du caftan.

Salma Debbagh a ouvert le défilé avec une collection offrant une vision aérienne et lumineuse du caftan. Ses créations, aux teintes douces (rose poudré, lavande pâle, argent, jaune ivoire), semblaient interagir avec les projections d’arches et de couloirs de médina en arrière-plan, créant une atmosphère poétique.

Fouzia Naciri a, pour sa part, présenté une palette de couleurs allant du jaune soleil au vert fleuri, en passant par le gris perle, le noir et le violet. Ses coupes généreuses aux manches larges et tombantes ont illustré toute la plénitude d’un vêtement ancré dans une tradition pluriséculaire.

La maison YAKATY a clôturé la soirée en explorant la connexion entre l’esthétique du caftan marocain et les codes visuels chinois. Jouant sur des volumes amples et des manches généreuses, YAKATY a allié arabesques marocaines et motifs floraux, symbolisant une rencontre entre les deux cultures.

Les diplomates, hommes d’affaires, officiels et journalistes, les téléphones levés et captivés, ont suivi attentivement le défilé. Ils ont salué les collections des trois stylistes marocaines, à l’instar d’Elowen, journaliste chinoise, qui a exprimé son souhait de se rendre prochainement au Maroc pour réaliser une séance photo en caftan. Les défilés ont été ponctués de performances du groupe Dar Kbira, qui a interprété des traditions de la Dakka marrakchie et du style Rbati, ainsi que du violoniste et compositeur Youness El Khazan.

À l’issue de la soirée, Wafaa Fahmi a détaillé la démarche qui a guidé son travail. « Nous avons conçu ce défilé avec soin, dans l’intention de refléter un dialogue sincère entre la Chine et le Maroc », a-t-elle déclaré à la MAP. « Le travail réalisé avec chacune des stylistes visait à tisser des liens profonds entre les deux cultures, et le podium a attesté de cela, que ce soit à travers les créations de Salma Debbagh, de Fouzia Naciri ou de YAKATY. Toutes trois ont cherché à unir ces deux univers », a-t-elle précisé.

En décembre dernier, l’UNESCO a inscrit le caftan marocain sur sa Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, reconnaissant la richesse de cet art séculaire, sa créativité, sa transmission intergénérationnelle et son rôle en tant que vecteur de dialogue interculturel entre les peuples.

Fruit de plusieurs siècles de métissages culturels amazighs, arabes, andalous et africains, le caftan marocain mobilise une chaîne de savoir-faire allant des tisserands aux tailleurs, en passant par les brodeurs et maâlems travaillant sur les boutons et ornements.