Guerre en Iran : dernier message d’un étudiant pendu par le régime
Un étudiant soupçonné d’espionnage, Erfan Shakourzadeh, a été exécuté en Iran, selon la justice iranienne, qui a annoncé ce fait lundi. Depuis le début de la guerre américano-israélienne le 28 février, IHR a dénombré une trentaine d’exécutions en Iran.
Un étudiant soupçonné d’espionnage a été exécuté en Iran, selon une annonce de la justice iranienne. Erfan Shakourzadeh « a été pendu pour collaboration avec les services de renseignements des États-Unis et le Mossad », services israéliens, a rapporté Mizan, l’organe de presse du pouvoir judiciaire. Selon les ONG Hengaw et Iran Human Rights (IHR), basées en Norvège, il était étudiant à la prestigieuse Université des sciences et technologies de Téhéran.
Avant son exécution, il a rédigé un message dans lequel il a rejeté les accusations. « Ne laissez pas une autre vie innocente disparaître dans le silence et sans attention publique », a-t-il écrit, cité par ces organisations.
Cet étudiant en master en ingénierie aérospatiale a été « soumis à neuf mois de sévères tortures physiques et psychologiques à l’isolement afin d’extorquer des aveux forcés », détaille Hengaw. Selon Mizan, il était accusé d’avoir « sciemment » transmis des informations classifiées à la CIA et au Mossad alors qu’il travaillait au sein de « l’une des organisations scientifiques du pays actives dans le domaine spatial ». De plus, ses « aveux » doivent être diffusés lundi soir à la télévision d’État, d’après la même source.
La République islamique est depuis longtemps accusée par les Occidentaux d’utiliser son programme spatial pour développer ses capacités en matière de missiles balistiques. Les arrestations et exécutions se multiplient en Iran depuis l’attaque américano-israélienne du 28 février, qui a déclenché une guerre régionale.
IHR a dénombré une trentaine d’exécutions depuis cette date : cinq pour espionnage, treize pour des liens présumés avec les manifestations de janvier, une pour la vague de contestation de 2022 et dix autres pour appartenance à des groupes d’opposition interdits.
Selon des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, l’Iran est le pays qui a recours le plus à la peine capitale après la Chine. Les autorités ont exécuté au moins 1.639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon les ONG IHR et Ensemble contre la peine de mort (ECPM).

