Belgique

Déposition du médecin légiste lors du procès Falzone à la cour d’assises

Le procès de Paolo et Antonino Falzone est entré dans sa deuxième semaine avec la suite de déposition des légistes ayant examiné les corps des victimes décédées dans l’accident. L’institutrice Christine Chavrepierre est décédée le 11 septembre de ses lésions traumatiques avec des complications infectieuses, après avoir été hospitalisée pendant deux années de soins.


Le procès de Paolo et Antonino Falzone entre dans sa deuxième semaine, avec ce lundi la poursuite des témoignages des légistes ayant examiné les corps des victimes de l’accident, les Docteurs Philippe Dewael et Alain Duverger.

En mars 2022, Paolo Falzone a foncé dans la foule lors d’un ramassage au carnaval de Strépy-Bracquegnies, causant la mort de 7 personnes et blessant des dizaines d’autres. Les photos présentées devant la cour d’assises sont insupportables pour de nombreuses familles. Les corps dénudés des victimes sont projetés sur les écrans de cette cour d’assises XXL, déplacée à Mons-Expo en raison de l’ampleur du procès.

Pour minimiser l’impact sur les parties civiles, la présidente de la cour d’assises a demandé au début de l’audience aux experts de « se limiter aux images strictement nécessaires ».

Le docteur Philippe Dewaele a été le premier à se rendre sur les lieux le 20 mars 2022. Il a exposé les résultats des autopsies des sept corps décédés, décrivant en détail les blessures subies, des images difficilement soutenables pour certains proches.

Tous ont subi des chocs d’une violence inouïe.

Malgré la brutalité des images annoncées, la salle de la cour d’assises est pleine, le public venant regarder l’insoutenable. Chaque cas de victime est étudié selon l’ordre alphabétique. Vito Cascarano, 56 ans, Christine Chavrepierre, 59 ans, Frédéric Cicero, 42 ans. Tous ont subi d’énormes traumatismes, des fractures. Aucune partie du corps n’est épargnée.

Il y a des lésions combinées, la première étant due à l’impact, suivie de la projection du corps.

L’institutrice Christine Chavrepierre est décédée deux ans après le drame, dans une maison de retraite où elle avait été hospitalisée pendant deux ans. Le traumatisme crânien avec hématome sous-dural bilatéral lui avait laissé de graves séquelles : elle ne pouvait plus marcher ni manger seule, « elle ne pouvait plus que dire oui, ou non », a expliqué un autre expert la semaine précédente. « Elle est décédée le 11 septembre de ses lésions traumatiques, suite à des complications infectieuses. » Les plaies qu’elle avait conservées au crâne se sont infectées, entraînant une septicémie.

Maître Mayence, l’avocat de plusieurs parties civiles, questionne l’expert : « Quelle est l’origine de ces lésions ? ». Philippe Dewael répond : « Il y a des lésions combinées, la première due à l’impact, puis il y a eu la projection du corps. » L’avocat demande des précisions sur la gravité du choc. Le légiste précise : « Monsieur pèse plus de 100 kg. Pour avoir de telles lésions, le choc a dû être particulièrement violent. »

Paolo Falzone n’a pas encore détourné le regard vers l’écran, situé à quelques mètres à sa droite.