France

Villepin reconnaît ses erreurs sur les statuettes et critique Sarkozy.

Dominique de Villepin a reconnu dimanche avoir commis « une erreur » en acceptant deux statuettes lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, qu’il a récemment rendues. Robert Bourgi a affirmé que les statuettes avaient été achetées respectivement 75.000 euros et 50.000 euros, soit une valeur totale de 125.000 euros.


Candidat possible à l’élection présidentielle, Dominique de Villepin cherche à se défaire d’une controverse au sujet de cadeaux reçus durant son mandat ministériel. Il a reconnu dimanche avoir commis « une erreur » en acceptant deux statuettes alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, qu’il a récemment restituées. Il a également dénoncé « une volonté de nuire » d’un proche de Nicolas Sarkozy.

« C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter », a déclaré l’ancien Premier ministre sur France Inter, précisant qu’il « n’y avait pas d’encadrement de ces situations à l’époque ».

Le lobbyiste Robert Bourgi a affirmé, lors de l’émission Complément d’Enquête sur France 2, avoir agi en tant qu’intermédiaire pour offrir à Dominique de Villepin, ministre entre 2002 et 2004, deux statuettes de Napoléon, financées par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et par l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Bourgi a précisé que les statuettes avaient été achetées respectivement pour 75.000 euros et 50.000 euros, soit une valeur totale de 125.000 euros. Selon l’entourage de Dominique de Villepin, les montants réels étaient « quatre à cinq fois inférieurs » et il a été indiqué qu’elles avaient été remises au ministère des Affaires étrangères lundi dernier.

Dominique de Villepin a de nouveau nié toute contrepartie en échange de ces cadeaux. « Robert Bourgi a été écarté (des affaires) par moi-même et par Jacques Chirac en 2004/2005. Cela prouve qu’il n’y a eu aucune prise, aucune forme de lien à l’occasion de ces événements. »

Dans sa riposte, Dominique de Villepin a souligné que « Monsieur Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy » et a fait remarquer que ces « pseudos révélations sont survenues à un moment où il connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire liée à l’affaire libyenne. Il est donc clair qu’il y a une volonté de nuire. » En réponse, l’entourage de l’ancien président a déclaré que « les insinuations sans fondement de Dominique de Villepin sont absolument ridicules et totalement déplacées. »

Dans « Complément d’enquête », Robert Bourgi a également affirmé que Nicolas Sarkozy, qui entretient de longue date de très mauvaises relations avec Dominique de Villepin, n’était pas impliqué dans ces révélations.