Grève nationale dans les prisons ce lundi, manifestation à Lantin
Depuis le début de l’année, 26 agressions physiques ont été recensées à la prison de Haren. Les syndicats réclament « plus de moyens, plus de recrutements, plus de formation » pour faire face à la surpopulation carcérale et aux violences subies par les agents pénitentiaires.
26 agressions cette année à la prison de Haren
Depuis le début de l’année, la prison de Haren a enregistré 26 agressions physiques. Johan, un gardien rencontré par notre rédaction, a été victime lors d’une sortie des détenus vers le préau. Un détenu, qui avait oublié son badge et ne pouvait donc pas accéder au préau, s’est mis en colère et a refusé d’obéir. « Il a fallu une fraction de seconde et il m’a décroché un coup de poing à la mâchoire gauche« , décrit Johan, qui avait préalablement déclenché l’alarme pour solliciter de l’aide. « Mes collègues sont intervenus. On a remis monsieur en cellule. La direction est intervenue également, le syndicat, l’équipe de stress. J’ai été pris en charge assez rapidement aussi suite à cet accident« , ajoute l’agent, qui conclut : « Pour une simple balade, on peut se faire frapper« . C’était la première agression subie par Johan. « Malheureusement, d’autres collègues sont déjà passés avant moi« , précise-t-il. Il envisage de reprendre le travail, mais l’incertitude plane. « Psychologiquement, c’est encore très compliqué« , dit-il. « Je repense souvent à la scène, certaines nuits sont encore très éprouvantes« , ajoute-t-il.
Stéphane (prénom d’emprunt) a également été agressé à la prison de Haren plusieurs mois auparavant. Dans son cas, un détenu a réagi violemment après que Stéphane lui a signalé qu’il avait pris trop de desserts. Lorsqu’il a été raccompagné vers sa cellule, le détenu s’est rebellé. « Il a claqué la porte métallique sur mon genou et il a lancé son téléphone fixe dans ma direction« , témoigne Stéphane, qui a subi une blessure au genou à la suite de cet incident, le handicapant encore aujourd’hui.
Ces deux cas illustrent une réalité plus large d’agressions envers les gardiens. « Les autres types d’agressions ont lieu lorsque le détenu s’énerve, comme cracher ou frapper les collègues. Dernièrement, j’ai eu une collègue qui a perdu un morceau de sa dent à cause d’une agression« , explique Stéphane.
Des chiffres interpellants : quasi un incident critique par jour
Les syndicats réclament plus de moyens
La situation est jugée alarmante par les agents pénitentiaires à travers le pays, en raison de la surpopulation carcérale, d’un effectif insuffisant et d’un personnel mal préparé. Ce constat a conduit à l’organisation d’une journée de grève nationale prévue pour ce lundi. « Au niveau politique, tout le monde devrait prendre ses responsabilités« , déclare Yasin Sarikaya, vice-président de la CSC-Prisons à Bruxelles. « Il faudrait des moyens, plus de recrutements, plus de formations« , ajoute-t-il, en insistant sur la nécessité de former adéquatement les nouvelles recrues. Pour lui, les gardiens agressés diminuent le nombre d’agents présents au travail, ce qui engendre des tensions, car il faut compenser les absences. « On devra faire le boulot des agents qui ne seront pas présents« , ce qui peut également engendrer de la frustration chez les détenus, constate-t-il.
Dès lundi, les agents pénitentiaires comptent se faire entendre. « On va rappeler que désormais, nous ne laisserons plus rien passer et que dès qu’un agent se fera agresser, nous partirons certainement en grève« , annonce Grégory Wallez, secrétaire fédéral de la CGSP Justice.
Surpopulation carcérale : les agents pénitentiaires face aux violences
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