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Syrie : Poursuites pour « crimes contre l’humanité » d’un proche de Bachar al-Assad

Atef Najib, cousin de Bachar al-Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa, est jugé pour des accusations de « crimes contre l’humanité » lors du premier procès « relevant de la justice transitionnelle en Syrie ». La révolte de la population syrienne a commencé le 15 mars 2011 après l’arrestation de 15 élèves à Deraa accusés d’avoir inscrit des slogans antigouvernementaux.


C’est le premier procès « relevant de la justice transitionnelle en Syrie », selon son juge. La cour criminelle de Damas a présenté ce dimanche les charges retenues contre Atef Najib, cousin de Bachar al-Assad et ancien chef de la sécurité politique à Deraa, berceau du soulèvement de 2011, notamment des accusations de « crimes contre l’humanité ». Voici ce que l’on sait.

Pourquoi est-il jugé ?
Atef Najib est apparu devant la cour au deuxième jour de ce procès, qui doit également juger par contumace Bachar al-Assad et son frère Maher, partis de Syrie après leur chute en décembre 2024. Au cours d’une audience partiellement retransmise à la télévision syrienne, le juge a lu l’acte d’accusation. « Les accusations portées contre vous concernent des événements survenus dans la province de Deraa début 2011, lorsque le mouvement de protestation pacifique a été réprimé avec une violence excessive », a déclaré le juge Kakhr al-Din al-Aryan.

Quels actes lui sont reprochés ?
« En tant que chef du service de sécurité politique, vous endossez une responsabilité directe ou conjointe pour des actes qui ont systématiquement visé des civils, notamment des meurtres, des actes de torture et des détentions arbitraires », a-t-il ajouté. Il est également poursuivi pour « torture suivie de mort » dans le centre de détention du service de sécurité politique. Les actes commis par Atef Najib et les autres accusés « s’apparentent à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité », a indiqué Kakhr al-Din al-Aryan. La cour a ensuite entendu des déclarations d’Atef Najib et de plusieurs témoins, alors que le juge avait mis fin à la retransmission télévisée, selon un média d’État.

Dans quel contexte ces actes ont-ils été commis ?
La révolte de la population syrienne a commencé le 15 mars 2011 après l’arrestation à Deraa de 15 élèves accusés d’avoir inscrit des slogans antigouvernementaux sur les murs de la ville. Atef Najib, considéré comme responsable de la répression, avait été démis de ses fonctions peu après. La guerre civile, qui a dévasté le pays pendant treize ans, a fait plus d’un demi-million de morts. Les forces syriennes ont pilonné des zones tenues par les rebelles, tandis que des dizaines de milliers de personnes ont disparu, notamment dans les prisons. Après leur arrivée au pouvoir, les nouvelles autorités islamistes ont procédé à plusieurs arrestations d’anciens responsables et promis justice pour les crimes du précédent pouvoir. Atef Najib est l’un des premiers dirigeants en fonction sous Bachar al-Assad à avoir été arrêté par les autorités après la chute de celui-ci.