Belgique

Minerval, heures de cours et économies : le décret-programme au Parlement dès lundi

L’enseignement représente la plus grande part du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. En février 2025, les enseignants détachés représentaient 1701,25 ETP (équivalents temps plein), selon des chiffres communiqués l’an dernier par la ministre de l’Education, Valérie Glatigny (MR).

L’enseignement obligatoire : première cible des mesures

L’enseignement représente la part la plus importante du budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Par conséquent, il n’est pas étonnant que de nombreuses mesures du décret-programme le concernent.

Une des décisions ayant suscité de vives réactions est l’augmentation du temps de face-à-face pour les enseignants du secondaire supérieur. Au lieu de 20 heures par semaine, ils devront travailler 22 heures.

Une autre disposition concerne l’adaptation du système de DPPR (Disponibilité précédant l’âge de la retraite) afin de l’ajuster à la nouvelle législation fédérale sur les pensions. Ce système, qui permet à de nombreux enseignants d’aménager leur fin de carrière, sera limité à deux ans (24 mois) à compter de 2027, alors qu’actuellement, les enseignants peuvent y avoir recours pendant 4 ans.

Le décret-programme prévoit également de réduire le nombre de professeurs rémunérés sans être présents en classe. Cela concerne principalement les détachements pédagogiques d’enseignants rémunérés par la Fédération mais travaillant pour des pouvoirs organisateurs, des mouvements de jeunesse ou des associations. En février 2025, ces enseignants détachés représentaient 1701,25 ETP (équivalents temps plein), selon les chiffres communiqués l’an dernier par la ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR).

En revanche, le décret-programme prévoit de nouvelles dépenses. Le gouvernement a ainsi décidé d’augmenter de 5 % les salaires des futurs enseignants diplômés en 2027, après avoir suivi une année supplémentaire de formation, portant la durée de leurs études à quatre ans au lieu de trois. De plus, le gouvernement a prévu de réduire le nombre d’heures de travail en classe pour les enseignants durant leur première année de carrière et au-delà de 60 ans.

Enseignement supérieur : la hausse du minerval

Dans le domaine de l’enseignement supérieur, la hausse du minerval est la mesure qui a suscité le plus de réactions.

Officiellement, le gouvernement a justifié cette augmentation par le fait que le minerval n’avait pas été indexé depuis 2011.

Concrètement, le décret-programme devrait confirmer que le minerval standard passe de 835 euros à près de 1200 euros (1194 euros) dans l’ensemble de l’enseignement supérieur. Le gouvernement a prévu des catégories. Les étudiants en difficulté financière, c’est-à-dire ceux bénéficiant d’une allocation d’étude, ne paieront rien. Les étudiants de condition modeste paieront 374 euros, ceux de condition intermédiaire 835 euros et ceux sans condition particulière, 1194 euros. Des plafonds de revenus sont également prévus pour chaque catégorie.

Cette mesure a déjà suscité l’indignation de la FEF, la Fédération des Étudiants Francophones. Celle-ci est toujours mobilisée contre cette réforme, en affirmant que de nombreux étudiants paieront plus qu’aujourd’hui. Des préoccupations ont également été soulevées quant aux démarches que les étudiants devront entreprendre pour demander un minerval réduit.

D’autres secteurs concernés

Les mesures d’économies prévues par le décret-programme concernent également la petite enfance. Le gouvernement a ainsi décidé de ne pas indexer certaines subventions et de réduire certaines dépenses de l’ONE.

Dans le secteur culturel, des subventions ne seront pas non plus indexées.

Cette liste des mesures contenues dans les plus de 300 pages du décret-programme est loin d’être exhaustive.