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Essai du Geely E5, première voiture électrique Chine vendue en France

Le Geely E5 mesure 4,61 m de long, 1,90 m de large et 1,67 m de haut, et il dispose d’un moteur de 218 chevaux. Son prix d’entrée de gamme est de 37 990 euros et il n’est pas éligible au bonus écologique, étant importé de Chine.

Après Denza, Omoda et Jaecoo, Geely se lance à son tour en France. Le groupe chinois possède déjà plusieurs marques en Europe, telles que Volvo, Polestar, Lotus et Lynk & Co. Il est donc temps pour le propriétaire de ces marques de se faire connaître sur le marché européen et français.

Geely arrive sur le marché avec deux SUV : un hybride rechargeable et un totalement électrique, le Geely E5, que j’ai eu l’opportunité d’essayer.

Fiche technique

Modèle Geely E5
Dimensions 4,62 m x 1,90 m x 1,67 m
Puissance (chevaux) 218 chevaux
0 à 100km/h 6,9 s
Niveau d’autonomie Conduite semi-autonome (niveau 2)
Vitesse max 175 km/h
Taille de l’écran principal 15,4 pouces
Prise côté voiture Type 2 Combo (CCS)
Prix entrée de gamme 37 990 euros
Fiche produit

Un style des plus simples

Je ne m’attendais pas à être séduit par le Geely E5, et effectivement, cela ne s’est pas produit. Le style du E5 est épuré avec l’absence de calandre à l’avant, des projecteurs en pointe et un logo positionné plutôt bas sur le bouclier.

De profil, seuls les poignées de portes intégrées à la carrosserie se distinguent, sortant automatiquement lorsqu’on s’approche du véhicule, une fonctionnalité plus pratique que sur les Tesla Model 3 et Model Y.

À l’arrière, le design reste simple également. Un bandeau rétroéclairé rouge traverse le hayon avec la désignation du modèle en bas à droite. L’absence de logo sur le hayon est regrettable, car l’inscription Geely est placée à côté du nom du modèle. Ce choix est peut-être judicieux, étant donné que le logo Geely est méconnu en Europe, plus que le nom de la marque. Peu de gens connaissent ses 40 ans d’histoire ni son statut de leader sur le marché automobile chinois.

Pour ce qui est des dimensions, le Geely E5 affiche une longueur de 4,61 m, une largeur de 1,90 m et une hauteur de 1,67 m. De gabarit légèrement supérieur à celui du Peugeot E-3008, il représente un concurrent sérieux.

Habitabilité : de la place pour toute la famille

Avec ses 4,61 m de long et un empattement de 2,75 m, il offre suffisamment d’espace pour tous. Les passagers à l’avant bénéficient d’une sellerie en similicuir, tandis que ceux à l’arrière profitent d’un bon espace aux jambes et à la tête. La banquette arrière est inclinable.

Les passagers à l’avant peuvent profiter de sièges entièrement inclinables pour se reposer lors des arrêts de charge. Un support pour allonger le bas de leurs jambes se déplie, à l’instar de ce que l’on trouve dans des berlines comme la Mercedes Classe S.

Cependant, cette extension de l’assise semble peu pratique, car il est difficile de l’utiliser sans avoir les pieds dans le tableau de bord. Geely a grandement mis en avant ces sièges électriques extensibles proposés de série, mais leur utilité ne me paraît pas essentielle. En revanche, les fonctionnalités de chauffage et de climatisation des sièges, également incluses de série, sont plus intéressantes, tout comme la fonction de massage disponible sur l’équipement de finition supérieure.

Concernant les finitions, le résultat est plutôt correct, bien que cela ne rivalise pas avec ceux des constructeurs européens. Certains matériaux paraissent de qualité inférieure, mais Geely a effectué des efforts pour offrir des surfaces agréables au toucher. Les assemblages semblent sérieux.

La console centrale, haute et flottante, comprend un accoudoir avec rangement, un chargeur de téléphone à induction et deux porte-gobelets. En dessous de cette console, on trouve un espace de rangement ouvert, qui risque, comme la plupart des rangements de ce type, de laisser les objets glisser en cas de virage serré.

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Essai Geely E5 // Source : Paul-Émile CASSORET pour Frandroid

Pour le coffre, après avoir ouvert le hayon de manière électrique, on dispose de 451 litres de rangement, qui peuvent atteindre jusqu’à 1 877 litres en rabattant la banquette arrière. Bien qu’il n’y ait pas de « frunk » sous le capot, un tiroir de rangement pratique se trouve sous la banquette arrière, idéal pour y placer des jouets d’enfants.

L’habitabilité du Geely semble être un de ses atouts majeurs !

Infodivertissement : tout passe par l’écran

À bord du Geely E5, peu de commandes physiques sont visibles ; tout se gère sur les écrans. On trouve un compteur de 10,2 pouces au design plutôt basique et épuré, ainsi qu’un écran tactile de 15,4 pouces pour le système d’infodivertissement.

Cependant, Geely a choisi de supprimer de nombreuses commandes physiques. On distingue bien une grande molette pour le volume sur la console centrale, ainsi que quatre autres boutons pour la climatisation (pompe à chaleur de série) : Auto, désembuage, recyclage de l’air et Off.

Il manque un bouton permettant de changer rapidement de mode de conduite, d’activer les sièges chauffants, ou encore des commandes pour ouvrir le toit ouvrant ou son store. Heureusement, il est possible de donner des commandes vocales en disant « Hey Geely », mais quelques commandes physiques supplémentaires auraient été utiles, d’autant que Geely en dispose déjà, comme en témoigne le Geely Starray EM-i qui a une touche physique pour le toit ouvrant.

En termes de connectivité, on trouve une prise USB-C et une USB-A sous la console flottante. Le chargeur à induction n’est pas ventilé, donc il faudra faire attention lors de l’utilisation d’Apple CarPlay ou Android Auto sans fil, car cela pourrait faire surchauffer le téléphone lorsqu’il est en charge. Un planificateur d’itinéraire est également présent.

Aides à la conduite : ce qu’il faut

Le Geely E5 est doté d’un système de conduite semi-autonome de niveau 2, capable de ralentir si un véhicule se trouve devant et de se maintenir au centre de la voie lorsque les lignes sont bien marquées. Aucun bug majeur n’a été constaté lors de mon essai. Il dispose également de toutes les aides liées à la réglementation GSR II, comme l’alerte de sortie de voie, le dépassement de vitesse ou la détection de circulation perpendiculaire lors de la marche arrière.

Bien que l’ensemble soit complet, la désactivation de certaines fonctionnalités intrusives n’est pas facile. Geely propose un profil conducteur favori, permettant de désactiver certaines aides, mais je n’ai pas réussi à trouver rapidement comment l’activer avec le raccourci au volant, comme l’annonçait la marque.

Concernant les commandes au volant, il est difficile de connaître leur fonction car rien n’est noté dessus. Aucun pictogramme n’indique si l’on active le régulateur de vitesse ou si l’on change de musique. Ainsi, il arrive souvent de passer d’un morceau à un autre au lieu d’activer le régulateur de vitesse.

Bien que je reconnaisse qu’avec le temps, les propriétaires mémoriseront la position des commandes, cela peut être frustrant au début. De plus, je n’ai pas compris comment retrouver ma vitesse programmée au régulateur après avoir freiné. Il semble également que le régulateur ne permette de changer la vitesse que par paliers de 5 km/h.

Planificateur d’itinéraire : assez complet, mais très optimiste

N’ayant pas eu l’occasion de parcourir un long trajet avec le Geely E5 comme je l’ai fait avec le Citroën ë-C5 Aircross entre Nice et Paris, je ne peux pas fournir des précisions sur le comportement du planificateur d’itinéraire.

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Il semble cependant complet dans les informations à lui fournir. Par exemple, il est possible de demander qu’aucun arrêt de charge ne se réalise avant d’atteindre un certain pourcentage de batterie, ou bien de ne pas prévoir d’arrêts à la station avant de tomber sous un seuil de charge défini et d’arriver à destination avec un certain pourcentage de batterie. Si vous êtes stressé par une potentielle panne de batterie, vous pouvez demander d’arriver au chargeur avec 20 % de batterie, et à destination avec 50 % si vous savez que le chargement sera difficile sur place.

Lors d’une simulation d’un trajet entre Vannes et Nice, le planificateur a recommandé quatre arrêts de charge, chacun espacés de 270 à 280 km pour un passage de 10 à 80 %. Pour un véhicule annoncé avec une autonomie WLTP de 475 km, cela paraît optimiste, car en utilisant 70 % de la batterie entre chaque charge, on obtiendrait environ 330 km d’autonomie. De plus, en tenant compte de la surconsommation due à un trajet sur autoroute, un cinquième arrêt de charge serait nécessaire, en réduisant la distance entre chaque étape. Quoi qu’il en soit, la voiture recalculera automatiquement les arrêts de charge selon la consommation et l’état de la batterie.

Il est possible d’opter pour des arrêts de charge à certaines enseignes spécifiques, ce qui est pratique si vous avez un abonnement Electra, par exemple. Le coût de chaque charge est également estimé par le planificateur.

Enfin, il convient de noter que le planificateur est très optimiste quant aux temps de charge. La marque annonce un passage de 30 à 80 % en 20 minutes, tandis que le planificateur pense pouvoir programmer des arrêts de 13 minutes pour passer de 10 à 80 %, ce qui est presque aussi rapide que pour un Xpeng G6.

En somme, si j’étais à votre place, je ne me fierais pas trop à ce planificateur pour annoncer une heure d’arrivée, car cela risquerait d’inquiéter vos proches si vous arrivez en retard.

Conduite : tout en souplesse

Lorsque je me suis installé au volant du Geely E5, je n’ai pas vraiment trouvé une position de conduite confortable. Le volant et le siège sont réglables, mais l’assise jugée trop courte m’a dérangé pour établir une bonne position.

En prenant la route secondaire en Bretagne, on a réalisé que la voiture était réglée sur un mode souple, très souple. On est loin de la rigidité d’un châssis européen, et elle est même plus douce qu’une japonaise. Cela peut être un inconvénient pour la conduite dynamique sur routes sinueuses, mais un atout pour la ville, permettant de franchir les ralentisseurs aisément.

Si vous recherchez une certaine tenue en conduite dynamique, ce véhicule n’est pas fait pour vous. Le Peugeot E-3008 offre un bien meilleur compromis. Même si le véhicule peut être mis en mode Sport, ce qui rend la pédale d’accélérateur plus réactive et l’assistance de direction plus ferme, cela ne modifie toutefois pas la démultiplication de la direction : il faut toujours beaucoup tourner le volant pour un faible angle de braquage.

La puissance de 218 chevaux du moteur électrique permet néanmoins des accélérations dynamiques pour ce SUV d’environ 1 800 kg. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 7,4 secondes, mais la montée en puissance suite à la pression sur la pédale d’accélérateur n’est pas immédiate.

J’ai pu essayer le véhicule sur voie rapide à 110 km/h, le bruit à l’intérieur est raisonnable, permettant de profiter du système audio Flyme Sound à 16 haut-parleurs disponible dans la finition Prime.

Au volant, l’absence de commandes physiques est ressentie : il faut naviguer dans les menus pour ajuster l’intensité du freinage régénératif, sans option à une conduite en mode One-Pedal. Des palettes au volant ou un bouton dédié sur la console centrale auraient été plus appropriés.

Autonomie, batterie et recharge

Le Geely E5 est équipé d’un unique moteur de 218 chevaux à l’avant. Cependant, deux batteries sont disponibles : 60,2 kWh et 68,4 kWh.

L’autonomie est annoncée à 430 km ou 475 km WLTP, basée sur une consommation de 16 kWh/100 km. Un chiffre plutôt acceptable pour sa catégorie, mais ses concurrents proposent généralement des batteries plus volumineuses, offrant des autonomies pouvant atteindre jusqu’à 700 km.

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Essai Geely E5 // Source : Paul-Émile CASSORET pour Frandroid

Concernant la recharge, bien que la puissance annoncée soit modeste (100 kW, avec un pic à 130 kW), le passage de 30 à 80 % de la batterie nécessite environ 20 minutes. On peut espérer un passage de 10 à 80 % en 25 à 30 minutes, ce qui reste dans la moyenne pour sa catégorie.

Lors de mon essai, principalement effectué sur routes secondaires, j’ai constaté une consommation de 14,9 kWh/100 km. Une valeur plutôt flatteuse mais peu représentative d’un usage mixte, mes essais n’ayant pas été réalisés sur voies rapides ou en milieu urbain.

Prix, concurrence et disponibilité

Le Geely E5 est proposé à partir de 37 990 euros et n’est pas éligible au bonus écologique, car il est importé de Chine. La version la plus haut de gamme que j’ai testée est tarifée à 41 990 euros.

Pour comparaison, le Peugeot E-3008 débute à 45 090 euros, avec une autonomie de 526 km, et est éligible au bonus écologique. Le Tesla Model Y Propulsion se situe à partir de 40 990 euros pour une autonomie de 534 km, également éligible au bonus écologique.

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Essai Geely E5 // Source : Paul-Émile CASSORET pour Frandroid

La conquête de l’Europe par Geely ne se fera pas avec le E5. Cette première offre du constructeur chinois devra être améliorée pour gagner en compétitivité et répondre aux attentes des consommateurs européens.

Geely propose une garantie sur sa batterie ainsi que sur l’ensemble du véhicule, d’une durée de 8 ans ou 200 000 km.