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Bayern Munich – PSG : Paris prêt à jouer de façon moche.

Le PSG a enregistré seulement 38 % de possession et 308 passes tentées, avec 74 % de réussite lors de son match à Munich. Luis Enrique a déclaré que « s’il faut être en bloc bas, on peut le faire », soulignant la capacité de son équipe à relever le défi.


Il y a des signes évidents. Le titre d’homme du match attribué à Pacho durant la demi-finale retour de la Ligue des champions entre le Bayern et le PSG (1-1) illustre non seulement les compétences de la défense équatorienne, souvent louée, mais également la performance des Parisiens à l’Allianz Arena. Loin de leurs standards esthétiques habituels, et même plus éloigné du match aller, souvent présenté comme le sommet du football, Paris a ajouté une nouvelle dimension à son jeu, probablement la plus inquiétante : savoir jouer de manière peu élégante pour assurer sa survie.

Avec un penchant marqué pour le combat chez certains Parisiens, comme Pacho, mais également Marquinhos, déjà très fatigué dans les arrêts de jeu, Matvey Safonov, connu pour ses sorties audacieuses, ainsi que João Neves et Khvicha Kvaratskhelia. « C’est important de souligner que nous avons montré ces trois dernières années que nous pouvons jouer n’importe quel match », affirmait Luis Enrique après la qualification. « Ce que nous avons vu durant tout le match est très important pour nous. »

### Un PSG évolutif jusque dans ses intentions de jeu

À première vue, il semble hypocrite de louer la performance laborieuse du PSG après avoir moqué le pragmatisme excessif d’Arsenal et de l’Atlético de Madrid, les autres équipes des demi-finales. Cependant, ce qui constitue l’identité de ces deux clubs n’est qu’un masque parmi d’autres dans le répertoire du champion d’Europe, illustrant ainsi toute la différence. L’équipe dirigée par Luis Enrique est évolutive et en constante mutation, où chaque joueur dépasse ses responsabilités, compense les mouvements de ses coéquipiers, et dans laquelle un style de jeu peut facilement être remplacé par un autre lorsque le scénario l’exige.

Le match de Munich n’est donc pas une trahison des principes de jeu parisiens, mais une conséquence de ceux-ci. « Nous ne changeons pas nos principes », insistait Désiré Doué sur Canal+. « Le coach nous demande de presser, d’attaquer et de défendre, il faut courir les uns pour les autres, c’est ainsi que nous allons chercher les trophées, pas en étant individualistes. »

La rencontre de mercredi soir demandait effectivement un engagement collectif total et inconditionnel dans l’exercice défensif. Des qualités de résilience déjà aperçues lors des deux précédentes visites à Anfield, qui se résumaient généralement par des périodes plus ou moins longues avant un retour à la domination parisienne. À Munich, le PSG a franchi un cap en refusant le jeu ou, au minimum, en laissant le ballon à son adversaire, dès qu’il s’était remis du KO infligé dès la deuxième minute de jeu par l’imprévisible Ousmane Dembélé, et ce, jusqu’au but tardif d’Harry Kane.

### « S’il faut être en bloc bas, on peut le faire »

Les statistiques du match témoignent des peines parisiennes dans des proportions sans précédent. Seulement 38 % de possession, 308 passes tentées et seulement 74 % réussies. Pour n’importe quel entraîneur espagnol, cela serait considéré comme un sacrilège. Pour Enrique, c’est une opportunité.

« C’est une équipe fiable, qui peut lutter constamment. S’il faut être en bloc bas, on peut le faire. Ce n’est pas ce que nous aimons, mais si c’est nécessaire, nous le faisons. Cela démontre notre capacité à relever le défi. Nous aimons jouer un beau football, mais nous aimons également gagner le combat », a-t-il déclaré. « L’engagement de l’équipe était très fort », a applaudi Pacho devant la caméra de Canal +. « Je pense que notre caractéristique principale est notre mentalité de défendre en groupe, en équipe, les attaquants nous aident à défendre, et nous les aidons à attaquer, c’est cela qui nous distingue des autres équipes. »

En finale de la Ligue des champions, le 30 mai prochain, le PSG aura un vrai défi en matière de solidité défensive. Rien n’indique que le champion sortant adoptera la même stratégie contre Arsenal à Budapest, mais Mikel Arteta devra inévitablement considérer un scénario où les Parisiens pourraient également adopter un jeu pragmatique pour ramener le trophée à la maison. Cela s’ajoute à l’imprévisibilité de Paris. Si en plus ils se mettent à jouer prudemment pour gagner… Quelle sera la prochaine étape ? Être invincibles sur les coups de pied arrêtés ? Impossible. Quoi qu’il en soit, avec Luis Enrique, rien n’est jamais sûr.