France

Affaire du coach de MMA de Villeurbanne : violences sur enfants et interdiction d’exercer.

Le 27 avril 2026, Yom Yidikes, coach de MMA, a publié une vidéo sur X montrant une scène où il donne un coup de pied violent à une jeune enfant, générant des larmes. Suite à cette vidéo, la préfecture du Rhône a annoncé avoir pris un arrêté interdisant à Yom Yidikes d’exercer pour une durée de six mois.

« T’as mal ? ! Non ! Il suffit de retenir ses émotions ! ». Dans une vidéo publiée sur X le 27 avril dernier, le coach de MMA Yom Yidikes s’adresse à une jeune fille à qui il vient de donner un violent coup de pied au torse, provoquant des larmes. La scène se déroule dans le club de cet entraîneur, situé à Villeurbanne, près de Lyon.

Avant cet incident, d’autres enfants, alignés, avaient subi des coups à leur tour. Une semaine après la mise en ligne des images, la vidéo a accumulé 1 million de vues et suscité des centaines de commentaires, oscillant entre indignation et soutien pour cette « méthode à la dure ».

« Des enfants sont en danger », déclare Arnaud Gallais, cofondateur de l’association Mouv’enfants, qui lutte contre toutes les formes de violence à l’égard des enfants et adolescents, dans une interview accordée à 20 Minutes. « Les mineurs sont frappés avec une telle intensité qu’ils reculent de plusieurs mètres sous l’impact », dénonce-t-il, qualifiant cela de « mise en scène de la violence sur enfants ».

En explorant les contenus sur les comptes TikTok et Instagram du coach, il a découvert des images « d’enfants humiliés, contraints de se mettre à genoux pour boire de l’eau, soumis à des mises en situation dégradantes et contraires à toute éthique éducative et sportive ». Suite à cela, il a initié une pétition demandant l’ouverture d’une enquête sur les pratiques de Yom Yidikes, qui a recueilli près de 9.000 signatures en quatre jours.

« Qui va apprendre à se défendre avec des jeux ludiques »

La polémique grandissant, de nombreux articles sont parus sur les méthodes de Yom Yidikes. Interrogé par France 2, Lionel Brezebin, responsable du MMA à la fédération française de boxe, a déclaré que les images « démontraient une pédagogie qui n’était pas du tout adaptée ». Selon lui, il faut un « apprentissage ludique, sans violence ». « On limite les contacts sur le public jeune, en pleine construction et constitution », a-t-il ajouté. Il remarque qu’il n’y a pas « d’intention de blesser mais de réaliser un geste impressionnant » envers les enfants dans les vidéos.

Il a également précisé que le coach n’a pas de qualification fédérale, qu’il n’est pas licencié et n’a jamais été affilié à la fédération. « Et la structure dans laquelle il évolue n’est pas non plus affiliée à la fédération », a-t-il conclu.

Face à ces critiques persistantes, Yom Yidikes a répondu par plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux. Dans l’une d’elles, il a souligné qu’il accueille des enfants « à partir de 7 ans » dans son club. Pour lui, « les jeux ludiques » ne permettent pas aux jeunes « de se défendre ». Il a également soutenu que le MMA est « un sport de contact » et qu’« on ne peut pas échapper à la douleur ». Par ailleurs, il a précisé que les vidéos partagées en ligne sont des « mises en scène » de « 30 secondes sur un entraînement d’une heure et demie » et que « les parents assistent aux séances ». Dans un reportage de BFM, deux parents ont témoigné de leur soutien envers ces méthodes et ce coach qui compte plus de 725.000 abonnés sur TikTok.

« Qu’on puisse encore défendre l’idée que de frapper un enfant au thorax à coups de pied est  »éducatif » ou  »sportif » est tout simplement intolérable », insiste Arnaud Gallais. « Rien, absolument rien, ne justifie la violence physique sur un enfant. Ni la recherche de performance, ni la discipline, ni la culture du sport de combat. »

Des faits pas nouveaux

Ce n’est pas la première fois que cet entraîneur fait la une. En novembre 2025, il avait asséné un violent coup de pied dans le plexus d’Inoxtag lors du Stream for Humanity. Quelques semaines après, la députée Marie-Charlotte Garin avait été alertée concernant ces méthodes jugées beaucoup trop brutales, particulièrement envers les enfants, et avait interpellé le procureur de la République.

Ce mercredi, la préfecture du Rhône a annoncé à 20 Minutes avoir pris un arrêté interdisant à Yom Yidikes d’exercer pendant six mois. Cette décision des services de l’État fait référence à la vidéo publiée sur X, mettant en avant « la force des coups de pied et de poing portés à des pratiquants mineurs immobiles au niveau du torse, de l’abdomen et des côtes, les projetant à plusieurs mètres » ainsi que les « pleurs de certains enfants engendrés par les coups ». « Des agissements qui ne sont pas conformes à ce qui est attendu d’un éducateur sportif », précise l’arrêté.