Belgique

Nouvelles vidéos au procès Falzone contredisent les déclarations des accusés.

Au troisième jour de ce procès, les deux accusés, Antonino et Paolo Falzone, ont été surélevés sur une petite estrade afin d’être davantage vus par les jurés, qui se trouvent à une quinzaine de mètres d’eux. Les enquêteurs ont présenté des extraits de 97 vidéos retrouvées dans le GSM de Paolo Falzone, montrant des vitesses allant « jusqu’à 260 kms/h compteur » et des comportements inappropriés.


Au troisième jour de ce procès exceptionnel, une évolution a eu lieu : les deux accusés, assis côte à côte, ont été surélevés sur une estrade pour être mieux visibles, notamment pour les jurés qui, en raison de l’agencement de la salle de Mons Expo, se trouvaient à une quinzaine de mètres d’eux et peinaient à les apercevoir (note de la rédaction : il s’agissait d’une demande de la défense).

La matinée a une nouvelle fois été consacrée à l’analyse des vidéos ayant alimenté l’enquête. Depuis la veille, les enquêteurs ont travaillé sur les images filmées par une caméra de surveillance, juste après que le véhicule de Paolo Falzone ait percuté la foule. Cette fois-ci, la cour d’assises a pu observer le comportement des deux accusés grâce à un zoom sur le véhicule. Leur attitude sur cette vidéo suscite de l’incompréhension.

On aperçoit Antonino Falzone sortir de la voiture. Il a lui-même expliqué que deux corps se trouvaient dans l’habitacle, et qu’il avait dû « se dégager » car « la pauvre dame avait la tête sur mes jambes« . Il sort calmement, en nettoyant les débris de verre et la poussière de ses vêtements. Il ne tente aucune interaction avec les personnes à proximité et se dirige vers l’avant de la voiture, où un corps est étendu sur le capot. Une partie du corps a traversé le pare-brise et est à l’intérieur du véhicule. On le voit tirer les jambes de la victime vers l’arrière, visiblement pour dégager l’habitacle.

Cette séquence contredit les déclarations qu’il avait faites le premier jour du procès, où il avait affirmé : « Je tiens à préciser que quand j’ai tiré sur le monsieur, je ne l’ai pas fait comme à la reconstitution, par les jambes, mais je l’ai pris délicatement » (note de la rédaction : il avait mimé un enlacement) « par le buste« . Les images prouvent qu’il a menti, y compris devant la cour. Le visionnage de ces images a provoqué un émoi dans la salle, que la présidente a dû réprimander immédiatement : « Pas de commentaires, s’il vous plaît ! »

Ensuite, Paolo est également sorti de la voiture, toujours au téléphone avec sa mère. Il ne montre aucun signe d’agitation et s’éloigne pour continuer la conversation. Pendant ce temps, Antonino observe le véhicule, les mains dans les poches, ouvrant et fermant la portière.

À ce moment, on sait que deux corps se trouvent à l’intérieur, dont Mme Ricotta, qui est vivante. Une voiture passe, sans réaction de sa part.

Antonino rejoint Paolo au coin de la route, qui est toujours au téléphone. Les minutes semblent des heures lorsqu’on sait que des victimes sont en détresse à un kilomètre de là, et que deux personnes ont besoin d’aide dans la voiture.

La police arrive. Paolo Falzone est encore au téléphone. Il ne raccrochera que sur l’injonction d’un policier qui lui crie : « Monsieur ! Monsieur ! Coupez votre téléphone, s’il vous plaît ! »

Un policier ouvre la porte du véhicule. Mme Ricotta est toujours à l’intérieur, et l’inspecteur passe son faisceau de lumière dans l’habitacle. La vidéo montre ensuite l’un des deux accusés tentant de s’approcher. « Contre le mur, contre le mur ! Ça fait deux fois« , lui crie un policier.

La présidente interrompt la diffusion. Antonino Falzone a suivi l’ensemble des images avec attention. Paolo, de son côté, reste droit sur sa chaise, regardant droit devant lui, comme s’il n’était pas sur cette estrade, dans cette cour d’assises.

Les enquêteurs ont ensuite présenté les résultats de leurs investigations sur le téléphone de Paolo Falzone, qui sont révélateurs. Paolo aimait se filmer au volant, à des vitesses atteignant « jusqu’à 260 km/h compteur« . Le policier précise que « l’enregistrement met en évidence la vitesse, l’alcool, les stupéfiants« .

La cour a alors visionné des extraits des 97 vidéos retrouvées dans le téléphone de l’accusé. Ces vidéos ressemblent à celle du jour du drame, montrant le compteur grimper, souvent accompagné de musique. On y voit le compteur, mais aussi le volant qu’il tenait d’une main (car de l’autre, il tenait son téléphone). En haut de l’écran, le bitume défile à des vitesses vertigineuses. Sur l’une de ces vidéos, il avait commenté : « Y a pas photo ça mère« .

Une autre vidéo les montre tous les deux, toujours en voiture, cette fois à l’arrêt. Paolo tient le téléphone et interpelle les spectateurs : « Ohoh, tu veux fumer ? » Antonino avance un morceau de résine de cannabis vers la caméra.

Une autre vidéo montre leur tentative d’agression verbale envers une personne sur un parking : « qu’est-ce que tu fais, tu cherches mon pote là ? ».

Les enquêteurs ont également noté le type de commentaires et de messages enregistrés dans son téléphone. Au sujet d’une voiture puissante, il déclare : « mets-moi ça en main, j’te fais un carnage« . Des échanges avec des connaissances révèlent son mécontentement face aux amendes reçues. L’enquêteur conclut : « Monsieur Falzone n’est pas réceptif à la sanction pénale. Au contraire, ça l’énerve« , un constat qui pourrait influencer la décision des jurés quant à la sanction à lui infliger.