France

Présidentielle 2027 : Début d’une désillusion chez les partisans de la primaire à gauche ?

Ce mardi soir, les défenseurs de l’initiative « Front populaire 2027 » se réunissaient à La Bellevilloise dans le 20e arrondissement de Paris pour discuter d’une primaire de la gauche non-mélenchoniste. Selon une enquête Ipsos publiée le 31 mars dernier, 82 % des sympathisants de gauche se disent favorables à l’organisation d’une primaire.

Dans le 20e arrondissement de Paris,

Un ciel gris et une pluie incessante accompagnent les centaines de personnes motivées qui attendent, parapluies en main, devant l’entrée de La Bellevilloise. Les partisans de l’initiative « Front populaire 2027 » se réunissaient ce mardi soir dans cette salle du 20e arrondissement de Paris afin de défendre l’idée d’une primaire de la gauche non-mélenchoniste pour désigner un candidat commun à la prochaine présidentielle. Cependant, face à la candidature éclatante de Jean-Luc Mélenchon deux jours plus tôt, aux hésitations des socialistes et au refus de Raphaël Glucksmann (Place Publique), le processus semble aujourd’hui bloqué, au grand désespoir des militants.

« Il n’y a pas de fatalité »

Lucie Castets, Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier et d’autres supporters de l’union de la gauche sont accueillis par des applaudissements et les chants de « unité ! unité ! » lancés par les militants. Olivier Faure, le dirigeant du PS, est également présent, malgré les pressions internes de ses opposants qui cherchent à enterrer le processus. « Il y a des débats au PS, sur la manière de parvenir à l’unité ou sur le périmètre, mais ce qui importe, c’est qu’à la fin la gauche soit unie, nous sommes tous d’accord pour faire revivre la gauche plurielle », espère Maximilien, 21 ans, membre des Jeunes Socialistes, dont le discours est déjà bien rodé. Un peu plus loin, un groupe d’écologistes se montre également positif.

« Bien sûr qu’on y croit, sinon nous ne serions pas là, il n’y a pas de fatalité, et les sondages montrent que les électeurs de gauche désirent l’unité », affirme Cécile. Selon une enquête Ipsos publiée le 31 mars dernier, 82 % des sympathisants de gauche se déclarent favorables à l’organisation d’une primaire. « Nous ne voulons pas du match Glucksmann – Mélenchon à gauche. C’est pour cela que nous sommes ici, nous voulons l’union de la gauche », précise Eric, élu écologiste du 20e. « Quand la gauche est unie, elle gagne. Nous l’avons vu avec Emmanuel Grégoire à Paris », ajoute Frédéric, élu du 18e.

Meeting unitaire à la Bellevilloise à Paris.
Meeting unitaire à la Bellevilloise à Paris. - TLG pour 20 Minutes

« Maintenir le fil ténu de l’union »

Cependant, Paris ne représente pas la France, et l’élection présidentielle est bien différente des scrutins municipaux. D’autres militants semblent donc plutôt pessimistes et ne croient plus vraiment en l’union. « L’unité, c’est déjà un peu compromise avec la candidature Mélenchon. Il vaudrait mieux ne pas diviser les voix de gauche, mais elles le sont déjà… Si c’est lui le mieux placé, je voterai pour lui… », soupire Flore. À ses côtés, Aurélia a également du mal à être optimiste. « Pour moi, Mélenchon est un personnage que je n’aime pas beaucoup, il serait souhaitable que la gauche soit unie. Mais ce sera compliqué, on a l’impression que la gauche répète sans cesse les mêmes erreurs en divisant ses voix… »

Daniel, 74 ans, est également très sceptique. « Nous sommes ici pour essayer de maintenir le fil ténu de l’union, mais cela semble déjà plié. Aujourd’hui, la dynamique à gauche, c’est LFI. Je ne crois pas que Mélenchon soit le meilleur rempart contre l’extrême droite, au contraire. Mais qui est censé incarner l’alternative ? Aujourd’hui, il n’y a personne », soupire l’ancien communiste. Il ajoute avec un sourire : « Ce soir, pour l’unité, c’est le début de la remontada ou le baroud d’honneur ».