Belgique

Procès de Strépy-Bracquegnies : émotion lors de la lecture de l’accusation, Paolo Falzone interrogé cet après-midi

Quatre ans après le drame de Strépy-Bracquegnies, le procès de Paolo Falzone s’est ouvert ce lundi matin devant la cour d’assises du Hainaut à Mons, avec plus de 200 parties civiles présentes. Les analyses du téléphone portable du conducteur révèlent qu’il filmait le compteur de sa voiture affichant une vitesse de 174 km/h cinquante-huit secondes avant le premier impact.


Quatre ans après le drame de Strépy-Bracquegnies, un procès exceptionnel s’est ouvert ce lundi matin devant la cour d’assises du Hainaut à Mons, concernant Paolo Falzone. Le 20 mars 2022, au petit matin, il a percuté à grande vitesse un groupe de gilles du carnaval de Strépy-Bracquegnies, dans la commune de La Louvière. Ce tragique incident a causé la mort de 7 personnes et blessé de nombreuses autres. Un autre accusé, Antonino Falzone, passager de la voiture au moment des faits, est également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

En raison de l’ampleur du procès, la justice a choisi d’organiser les audiences dans le hall des expositions du Lotto Mons Expo, afin d’accueillir plus de 200 parties civiles, leurs accompagnateurs, les témoins, une vingtaine d’avocats, la presse et le public. Une logistique minutieuse a été mise en place pour gérer les contraintes liées à la cour d’assises.

Ce matin-là, l’ouverture des portes a été retardée en raison du nombre de personnes présentes. Le procès, programmé pour 9 heures, a finalement débuté vers 10 heures.

Paolo Falzone était visiblement ému, presque au bord des larmes, en prenant place à la table des accusés. La Cour a ensuite procédé à l’inventaire des parties civiles : celles présentes, celles ajoutées le matin même, et celles décédées depuis les faits. Le nombre total de parties civiles dépasse désormais les 200.

La présidente de la cour, Martine Baes, a expliqué aux jurés le fonctionnement de la cour, y compris le rôle de l’avocat général, les parties civiles, la défense et les greffiers. À ce stade, les accusés n’avaient pris la parole que pour donner leur identité.

Peu avant 11h30, la lecture de l’acte d’accusation a commencé, résumant les faits et circonstances de l’affaire, rassemblés par l’enquête. La défense a choisi de ne pas soumettre de mémoire écrite, privilégiant une défense orale.

Alors qu’Antonino Falzone écoutait attentivement, Paolo Falzone n’a pas encore levé les yeux. Les parties civiles, certaines déjà les yeux rougis, arboraient des visages fermés, souvent marqués par la douleur à l’annonce des événements traumatisants. Certains passages étaient difficilement supportables, notamment quand l’acte d’accusation a évoqué le corps du gille, Frédéric d’Andrea, « dont la tête est encastrée dans le pare-brise« . Plusieurs victimes avaient les yeux fermés tandis que d’autres se tenaient la tête entre les mains, incrédules. Les services d’aide ont proposé leur soutien à des parties civiles visiblement sous forte tension.

On a appris qu’à l’arrivée des secours, Paolo Falzone s’est emporté contre les policiers, s’exclamant « pourquoi c’était pas balisé« . Il a demandé à plusieurs reprises à être abattu, déclarant : « Ma vie est foutue, je ne me remettrai jamais de cela« . Lorsqu’ils ont ouvert la porte du véhicule où Paolo et Antonino Falzone avaient été placés, les deux accusés étaient « endormis« . Paolo Falzone a nié avoir voulu fuir, affirmant qu’il voulait simplement s’éloigner pour réfléchir. Il a déclaré qu’à la vue de la foule, il a tourné et s’est ensuite arrêté, expliquant qu’il ne voyait pas ce qui se passait au début et n’entendait que des « boum » sur la carrosserie.

Les analyses du téléphone portable du conducteur ont révélé que celui-ci filmait son compteur affichant une vitesse de 174 km/h, cinquante-huit secondes avant le premier impact. Paolo Falzone a expliqué que sa voiture, après remise à niveau, développait 353 CV et pouvait atteindre 260 km/h en pointe, ajoutant qu’il pensait que c’était illégal. Les experts attribuent son besoin de puissance à « une faille narcissique« , ainsi qu’à « une difficulté à gérer les frustrations » et à « le besoin d’un objet symbolisant la réussite sociale et la puissance« .

L’audience a été suspendue jusqu’à 14h20, après quoi l’interrogatoire des accusés débutera. La première semaine de procès sera consacrée à l’examen des faits, tandis que les débats sur la culpabilité pourraient commencer fin mai. Le procès est prévu pour durer entre 6 et 8 semaines, et le coût de l’installation au Lotto Mons Expo est d’environ 150 000 euros, un budget qui est susceptible d’être dépassé.