Guerre au Moyen-Orient : Trump annonce le déblocage d’Ormuz, l’Iran menace
Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe. Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s’élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers.
Nouvelles incertitudes et tensions autour du détroit d’Ormuz. Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour libérer des navires bloqués depuis deux mois dans le Golfe, mais le commandement militaire iranien a averti qu’il frapperait l’armée américaine en réponse. Le président américain, qui a engagé les hostilités contre l’Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir « un geste humanitaire » et de « bonne volonté » pour soutenir les marins bloqués en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz.
À partir de lundi matin, heure locale, la marine américaine escortera à travers le détroit d’Ormuz des navires de pays « qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient », a annoncé Trump. Il a toutefois prévenu que si cette opération, nommée Project Freedom ( « Projet Liberté »), devait être entravée par l’Iran, cela « devrait malheureusement être traité par la force », tout en évoquant des discussions « très positives » avec Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan.
L’Iran a réagi en menaçant l’armée américaine. « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l’agressive armée américaine : s’ils ont l’intention de s’approcher du détroit d’Ormuz ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués », a déclaré le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées. « Toute intervention américaine dans le nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz sera considérée comme une violation du cessez-le-feu » qui est entré en vigueur le 8 avril, avait auparavant averti Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale.
Dans un communiqué, le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a précisé que l’opération annoncée par Donald Trump impliquerait des destroyers lance-missiles, plus d’une centaine d’aéronefs et 15.000 soldats. Depuis le début des hostilités, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a réagi début avril en bloquant à son tour les ports iraniens.
Le blocage du détroit a entraîné une flambée des prix du pétrole, atteignant leur niveau le plus haut depuis 2022, lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se sont stabilisés lundi sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, référence mondiale, augmentant de 0,39 % à 108,59 dollars, bien en deçà des 126 dollars dépassés jeudi.
Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s’élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Près de 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Depuis le début de la guerre, qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, Téhéran a effectivement instauré des droits de passage pour traverser le détroit. La situation est figée depuis le cessez-le-feu du 8 avril, après près de 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région.
Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent importants et les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne.

