Belgique

Ouvertures dominicales des magasins à Namur : commerçants ne sont pas d’accord avant le premier test

La Fédération belge du commerce et des services attendait depuis longtemps l’autorisation d’ouvrir le dimanche, visant à réduire la concurrence interne et transfrontalière. La Ville de Namur a prévu une période d’évaluation de six mois pour décider de prolonger ou non la possible ouverture dominicale mensuelle, fixée chaque premier dimanche du mois.

La Fédération belge du commerce et des services attendait depuis longtemps l’autorisation d’ouvrir le dimanche. L’objectif est de réduire la concurrence interne et transfrontalière en accordant plus de liberté aux commerces. Toutefois, cette suppression du jour de repos hebdomadaire satisfera-t-elle vraiment tous les commerçants ?

Pour certains, la décision de ne pas ouvrir le dimanche est un choix de société. C’est le cas de Natacha Mangez, cogérante de la librairie Papyrus à Namur depuis 2012. Pour elle, six jours d’ouverture par semaine suffisent. « On a envie de participer à une vision de la société dans laquelle il y a des moments où on n’est pas consommateurs« , souligne-t-elle. « Il y a des pauses, des moments où on se dédie à autre chose, où on n’achète pas« .

D’un point de vue pratique, la réalité joue également un rôle : « Le dimanche, c’est une pause. C’est un jour qui compte pour nous« , conclut la commerçante namuroise.

Le frein économique

D’autres commerçants avancent des arguments plus pragmatiques. Pauline Dusaiwoir, manager du magasin Les Secrets du Chef, a également décidé de garder son établissement fermé demain.

La raison ? Une situation financière peu favorable. « Il faut savoir que le week-end, un employé est payé double« , souligne-t-elle. « Pour nous, en tant qu’entreprise, sans aide de l’État, on ne peut pas se le permettre. Nous avons déjà beaucoup de charges à prendre en compte« . La commerçante a choisi d’attendre pour voir comment évolue la situation avant de se décider sur une éventuelle ouverture de son magasin les premiers dimanches du mois.

Six mois pour convaincre

La Ville de Namur, consciente que l’initiative ne fait pas l’unanimité, a prévu une évaluation sur six mois. À l’issue de cette période, les autorités communales décideront de prolonger ou non l’ouverture possible de magasins le dimanche, qui est envisagée chaque premier dimanche du mois.

Le rendez-vous est donc fixé au dimanche 3 mai, date à laquelle il sera possible de constater l’intérêt ou non des Namurois pour cette nouvelle habitude de consommation.

La question de l’élargissement des horaires d’ouverture