Tunisie

France : qui ne domine pas la migration en 2025 ?

En 2025, 21 100 premiers titres de séjour ont été délivrés à des ressortissants tunisiens, contre 22 499 en 2024, soit une baisse de 6,2 %. En 2025, 58 900 titres ont été renouvelés pour les ressortissants tunisiens, en progression de 7,7 % par rapport à 2024.


La Tunisie renforce sa position parmi les principales nationalités bénéficiaires de titres de séjour en France, attestant ainsi de la solidité et de la structuration de ses flux migratoires, malgré un léger recul observé en 2025. Selon les informations du ministère de l’Intérieur français, la Tunisie se classe au troisième rang, derrière le Maroc et l’Algérie, dans un contexte de recomposition progressive des dynamiques migratoires à l’échelle internationale.

En 2025, 21 100 premiers titres de séjour ont été délivrés à des ressortissants tunisiens, comparé à 22 499 en 2024, ce qui représente une baisse de 6,2 %. Bien que cette diminution soit plus marquée que celle de ses voisins maghrébins, elle n’affecte pas la position de la Tunisie dans le classement des nationalités les plus représentées. Le pays reste solidement ancré dans le trio de tête, qui continue de constituer une part significative des flux migratoires vers la France.

Sur un plan global, la France a délivré 384 230 primo-titres de séjour en 2025, enregistrant une hausse de 11,2 % par rapport à l’année précédente. Cette augmentation reflète une diversification des origines migratoires, comme l’indique le recul de la part des dix premières nationalités à 48,3 %. Malgré ce paysage en mutation, le Maghreb conserve un poids important. Ensemble, les ressortissants du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie représentent près d’un quart des admissions, soulignant l’ancrage historique et structurel de cette région dans les relations migratoires avec la France.

Dans ce trio, le Maroc maintient la première position avec 36 100 titres délivrés en 2025, en légère baisse de 2,3 % par rapport à l’année précédente. L’Algérie suit avec 28 000 titres, en recul de 4,6 %. La Tunisie complète ce classement avec 21 100 titres. Bien que les volumes soient inférieurs, la position tunisienne se distingue par sa stabilité dans le temps et la nature des flux observés, qui sont davantage orientés vers des formes de migration encadrée.

L’analyse des motifs de délivrance met en lumière un profil migratoire particulièrement révélateur. Pour les Tunisiens, les titres liés au regroupement familial représentent 38,3 % des primo-délivrances, tandis que les motifs économiques atteignent 35,7 %. Cette forte proportion de migration liée à l’emploi constitue un élément distinctif majeur. Elle évoque une intégration directe dans le marché du travail et met en avant le rôle croissant de la main-d’œuvre tunisienne dans certains secteurs en difficulté en France.

En comparaison, l’Algérie présente un profil largement dominé par le regroupement familial, représentant 52,8 % des titres délivrés. Cette situation reflète une dynamique d’installation ancienne et un ancrage familial plus marqué. Le Maroc, quant à lui, affiche un profil plus varié. Les titres se répartissent entre les étudiants à 33,8 %, les motifs familiaux à 32,5 % et les motifs économiques à 29,5 %. Cette diversité révèle une pluralité de trajectoires migratoires, allant des études à l’insertion professionnelle.

Dans ce contexte comparatif, la Tunisie se démarque par un équilibre particulier entre migration familiale et migration économique, avec une importance significative accordée à l’emploi. Ce positionnement renforce l’idée d’une migration structurée et orientée vers des opportunités professionnelles, dans le cadre de relations bilatérales anciennes et de dispositifs favorisant la mobilité légale.

Les titres accordés pour des motifs humanitaires restent marginaux pour les ressortissants maghrébins. Ils ne constituent que 0,9 % des primo-délivrances pour les Tunisiens, confirmant le caractère principalement économique et familial de leur présence en France. Ce chiffre contraste avec la montée de certaines nationalités touchées par des crises géopolitiques, pour lesquelles les flux sont largement dominés par des dispositifs de protection.

Au-delà des flux d’entrée, les données concernant les renouvellements de titres de séjour apportent un éclairage supplémentaire sur la stabilité des populations installées. En 2025, 58 900 titres ont été renouvelés pour les ressortissants tunisiens, en hausse de 7,7 % par rapport à 2024. Cette évolution confirme un ancrage durable sur le territoire français et traduit la continuité des parcours d’installation.

Dans le même temps, les Marocains dominent largement cette catégorie avec 142 400 renouvellements, en progression de 11,1 %, suivis des Algériens avec 129 200 titres, en hausse de 2,4 %. La Tunisie conserve sa troisième position, mais se distingue par une dynamique positive qui accompagne le renforcement de sa présence.

Au total, 955 080 titres de séjour ont été renouvelés en France en 2025, soit une augmentation de 7,6 % par rapport à l’année précédente. Cette progression témoigne d’une installation durable des populations étrangères et confirme que les flux migratoires ne se limitent pas à des entrées ponctuelles, mais s’inscrivent dans des trajectoires à long terme.

Meriem Khdimallah