J-F. Tamellini de la FGTB Wallonne : ‘Il faut durcir les actions’ avant le 1er mai
Le secrétaire général de la FGTB Wallonne, Jean-François Tamellini, a déclaré que « 8000 travailleurs et travailleuses ont perdu leur boulot depuis que le MR et les Engagés sont en place en Wallonie, via des fermetures d’entreprises et des restructurations ». Il a également affirmé que les réformes « enfoncent la tête des Wallons et des Wallonnes sous l’eau » et que « les exclusions (du chômage, ndlr) font qu’il y a zéro créations d’emploi ».
Plusieurs conflits sociaux ont marqué l’actualité ces dernières semaines, avec en tête celui concernant l’entreprise bpost. Face aux Belges qui se plaignent de ne pas recevoir leur courrier ou leurs colis, ainsi qu’aux commerçants qui ont subi des pertes financières, Jean-François Tamellini, secrétaire général de la FGTB Wallonne, déclare : « Ils doivent comprendre que les conditions de travail chez bpost sont très compliquées« . Il fait cependant remarquer que le patron de bpost a touché « une augmentation de salaire de 38% l’an passé, c’est-à-dire plus d’un million d’euros de salaire« , alors que la direction a proposé un plan de réforme « sans beaucoup de dialogue, sans prendre le temps, en disant aux postiers, écoutez, on va modifier vos vies, on va modifier vos vies de famille« . Ce plan vise, entre autres, à modifier les horaires des postiers, qui commenceraient et termineraient leur tournée plus tard afin d’optimiser la livraison des colis. Toutefois, selon Tamellini, « il y a plusieurs postiers qui sont obligés d’avoir un second boulot pour pouvoir vivre un peu décemment« .
De ce fait, le leader de la FGTB Wallonne appelle la population à s’adresser à la direction de bpost et au gouvernement, en exprimant son soutien aux postiers pour qu’ils soient « mieux traités et qu’il y ait une réelle concertation« .
À l’approche du 1er mai, Tamellini rappelle l’origine de cette journée, soulignant que « ce sont des travailleurs, des travailleuses qui luttent pour améliorer leurs conditions de vie, leurs conditions de travail« . Il déclare que les gouvernements actuels réalisent « exactement l’inverse du progrès social« . Les exemples de détérioration des conditions de vie sont nombreux, évoquant des impacts sur les jeunes, les écoles, les allocations familiales et le soutien aux personnes âgées. Pour lui, ces réformes ont « détérioré la vie des femmes« .
Jean-François Tamellini insiste sur la nécessité de trouver des réponses : « Nous devons mettre en place des actions pour faire changer ces politiques. Elles vont dans le mauvais sens« . Depuis l’entrée en fonction du gouvernement De Wever, les syndicats ont déjà organisé plusieurs manifestations. Selon Tamellini, « la colère est toujours très vivace« , et il constate chez les syndiqués l’idée qu’ils doivent « durcir vos actions« . Une nouvelle journée d’action est prévue le 12 mai, à la veille du vote de la réforme des pensions.
Un autre sujet de mécontentement pour les syndicats est le plafonnement de l’indexation des salaires imposé par le gouvernement fédéral, qui limite l’indexation des salaires aux premiers 4 000 euros brut. Cette mesure suscite de vives critiques. Récemment, les partenaires sociaux ont proposé une alternative au gouvernement, visant à revoir le mécanisme d’indexation pour un lissage dans le temps. Cependant, le gouvernement a rejeté cette proposition. Jean-François Tamellini réagit : « Vous ne trouvez pas que c’est dingue ?« . Il souligne que bien qu’il ne s’agisse pas d’un parfait accord, celui-ci est « un peu meilleur que ce que le gouvernement met sur la table« . Ignorer cet accord est, selon lui, « du mépris pour la concertation sociale et pour la population« . Il invite les fédérations patronales à rejoindre les syndicats le 12 mai, dénonçant un gouvernement à « une orientation budgétaire uniquement« .
Pour justifier son refus de la proposition des partenaires sociaux, le gouvernement s’appuie sur l’avis d’institutions comme l’ONSS et le Bureau du Plan, affirmant que le solde budgétaire des administrations publiques se détériorerait de 352 millions d’euros en 2029 et de 158 millions d’euros en 2030 par rapport au plafonnement de l’index proposé par le gouvernement. Tamellini rétorque : « Je vois bien qu’on sait trouver de l’argent pour beaucoup de choses » et soutient qu’il existe des alternatives fiscales pour « faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat« , ajoutant que cela reflète « un choix politique« .
À l’approche du 1er mai, la FGTB wallonne présente une proposition alternative concernant les réformes du marché du travail. Tamellini déclare que « la seule chose que les gouvernements, notamment wallon, proposent en termes d’emploi, c’est de la précarité« , citant des mesures qui, selon lui, « crée zéro emploi« . Le syndicat demande des « emplois durables » et propose une « réduction collective du temps de travail avec embauche compensatoire et maintien du salaire« , indiquant une réduction de 38 à 32 heures. Tamellini avance que cela pourrait créer 207 000 emplois stables à durée indéterminée tout en permettant aux grandes entreprises belges de distribuer 56 milliards d’euros en dividendes.
Il avertit que sans encadrement, la montée de l’intelligence artificielle pourrait entraîner de nombreuses réductions d’emplois, soulignant l’importance d’une « décision politique« .
Jean-François Tamellini s’oppose également aux réformes du marché du travail mises en place par les majorités actuelles, soulignant les « 270 000 demandeurs d’emploi en Wallonie« . Il dénonce : « Il n’y a jamais eu autant d’augmentation« , avec une hausse prévue de 7% en 2024 et 9,6% en 2025. Les exclusions du chômage contribuent selon lui à l’absence de créations d’emplois. Les autres mesures telles que les flexi-jobs et les heures supplémentaires créent également peu d’emplois, ajoutant que ces réformes « enfoncent la tête des Wallons sous l’eau« . Il conclut en pointant que depuis la mise en place du gouvernement MR-Engagés, « 8000 travailleurs ont perdu leur emploi » en raison de fermetures et restructurations d’entreprises.
Il critique également l’incapacité du gouvernement wallon à connecter les entreprises au réseau électrique, faisant référence à des projets tels que la boucle du Hainaut, un dossier qui reste non résolu après de nombreuses années.

