High-tech

Réseaux sociaux : L’interdiction des adolescents australiens n’a pas eu d’effet significatif.

L’Australie a interdit en décembre 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans pour les protéger d’effets nocifs sur leur santé mentale. En mars 2026, plus de cinq millions de comptes appartenant à des utilisateurs australiens mineurs avaient été supprimés.


Un coup d’épée dans l’eau ? Quoi qu’il en soit, aucun abandon « significatif » des réseaux sociaux n’a été observé dans les semaines suivant leur interdiction pour les adolescents en Australie, d’après des documents gouvernementaux obtenus par l’AFP, jeudi 30 avril 2026.

L’Australie est devenue, en décembre 2025, le premier pays à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans afin de les protéger des effets nocifs redoutés sur leur santé mentale. Cette initiative a ensuite été imitée par l’Indonésie, tandis qu’en France, le Parlement envisage actuellement un projet similaire.

Retour à la case départ ?

Les documents gouvernementaux australiens, récupérés par l’AFP en vertu des lois sur la liberté d’information, montrent néanmoins que des plateformes telles qu’Instagram et TikTok « dominaient toujours les classements et les téléchargements dans les magasins d’applications » un mois après la mise en œuvre de l’interdiction.

Bien que certains utilisateurs aient exploré d’autres applications non concernées par l’interdiction, ils sont « largement revenus vers les plateformes majeures et établies », indiquent les responsables dans ce rapport daté du 2 février 2026.

Le fléau du cyberharcèlement

Un autre document souligne la difficulté de tirer des conclusions définitives à partir des données de téléchargements d’applications si peu de temps après l’interdiction. Il est précisé que « ces données ont pour limite de ne pas refléter l’utilisation d’une application ni l’âge de l’utilisateur, mais elles fournissent des indicateurs précoces permettant de déterminer si une application gagne en popularité ».

L’une des principales raisons de cette interdiction est la volonté de lutter contre le cyberharcèlement. En effet, les plaintes ont augmenté de 26 % entre janvier 2025 et janvier 2026, selon les documents, la majorité provenant de TikTok.

Une mesure qui inspire

« La poursuite de l’analyse, à mesure que d’autres données seront disponibles, permettra de tirer des conclusions plus robustes et fondées sur des preuves concernant les tendances à long terme […] et les impacts (d’un âge minimum pour les réseaux sociaux) », a déclaré la commission eSafety dans un communiqué. TikTok n’a pas immédiatement réagi aux demandes de l’AFP.

De nombreux pays envisagent actuellement de mettre en œuvre des mesures similaires à l’encontre des réseaux sociaux. Les documents révèlent qu’Israël, le Royaume-Uni, la Norvège et la Nouvelle-Zélande ont rencontré des responsables australiens après avoir manifesté leur « intérêt » pour cette interdiction.

Cinq millions de comptes supprimés

Fin mars 2026, le régulateur australien a évoqué la possibilité de sanctions envers des géants de la tech, dont TikTok, Instagram et YouTube, accusés de violer l’interdiction.

Trois mois après l’entrée en vigueur de cette loi, l’organisme australien chargé de la sécurité en ligne avait indiqué que plus de cinq millions de comptes appartenant à des utilisateurs australiens mineurs avaient été supprimés.

Cependant, la Commission eSafety a également signalé qu’une « proportion importante d’enfants australiens » continuait d’accéder à des plateformes interdites, exprimant des « préoccupations majeures » concernant Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube.