Loi-programme : tensions entre majorité et opposition à la Chambre
La loi-programme contient des mesures visant à mettre en œuvre le budget 2026, comprenant la hausse des accises sur le gaz et les carburants ainsi que le plafonnement de l’indexation des salaires et des pensions. La séance reprendra à 14h, tandis que sept des dix-huit députés du MR manquaient à l’appel à 11 heures.
La loi-programme contient les mesures visant à mettre en œuvre le budget 2026, dont certaines suscitent de vives contestations, notamment l’augmentation des accises sur le gaz et les carburants ainsi que le plafonnement de l’indexation des salaires et des pensions.
Face aux problèmes engendrés par ce plafonnement, les partenaires sociaux ont présenté une proposition alternative au gouvernement. Toutefois, l’équipe de De Wever a clairement indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de l’adopter, a déclaré en début de séance le ministre de l’Emploi, David Clarinval. Une réunion intercabinets a eu lieu mardi après les avis du Bureau du plan, de l’ONSS et du SPF Sécurité sociale. Les impacts budgétaires de la proposition sont jugés insuffisants. De plus, elle serait susceptible de créer une discrimination entre les secteurs public et privé, forçant ainsi le gouvernement fédéral à imposer des dispositions aux entités fédérées, ce qui n’est pas à sa portée. « Il n’y a pas eu de consensus au gouvernement pour prendre en considération l’alternative proposée par le Groupe des dix », a annoncé M. Clarinval.
Devant ce refus, l’opposition de gauche a déposé de nouveaux amendements et a sollicité l’avis du Conseil d’Etat.
**Des échanges musclés entre majorité et opposition**
En cette veille de 1er mai, les échanges ont été particulièrement animés, en particulier entre le PS et le MR. « C’est du jamais vu », s’est exclamé le chef de groupe socialiste Pierre-Yves Dermagne, accusant le gouvernement de « mépris envers les corps intermédiaires dont on sait pourtant le rôle essentiel qu’ils jouent dans notre démocratie ». « À deux jours du 1er mai, au PTB, nous considérons qu’il est inacceptable de toucher à l’index. Bas les pattes! », s’est indigné Raoul Hedebouw.
Le président des libéraux, Georges-Louis Bouchez, a reproché à l’opposition de créer la « chienlit » et le « bordel » dans la démocratie belge en bloquant des mesures nécessaires compte tenu de la situation budgétaire.
La N-VA a pour sa part critiqué le Vlaams Belang qui a soutenu le renvoi au Conseil d’Etat. « Vous êtes les laquais du PS », a-t-on entendu dans les rangs du parti du Premier ministre.
« C’est affligeant et c’est funeste. Vous prenez les Belges en otage », a déclaré Aurore Tourneur (Les Engagés).
La séance reprendra à 14h. D’ici là, la majorité cherchera à rassembler ses députés. Le MR est particulièrement visé : sept de ses dix-huit députés n’étaient pas présents à 11 heures.

