Prix des carburants : Quel est la consommation de kérosène d’un avion en vol ?
Transavia a déjà prévu de réduire son activité en mai et juin en annulant « moins de 2 % de ses vols » sur la période, selon l’entreprise. Le kérosène représentait environ 25 % du total des coûts d’une compagnie aérienne avant le conflit et évolue actuellement entre 40 et 45 %, a précisé Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne Corsair.
La guerre qui se prolonge au Moyen-Orient menace de perturber nos vacances. Le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, entraînant des prix de carburants très élevés pour les automobilistes. Le secteur aérien, qui consomme beaucoup de kérosène, est également affecté par la hausse des prix du pétrole depuis plusieurs semaines. Cela a des conséquences concrètes pour les passagers, qui constatent une augmentation des prix des billets et une chute des réservations. Les compagnies low-cost, plus vulnérables que les compagnies traditionnelles, commencent même à annuler des vols.
Transavia, la compagnie low-cost du groupe Air France, a déjà prévu de réduire son offre en mai et juin en annulant « moins de 2 % de ses vols » durant cette période, selon l’entreprise. D’autres opérateurs comme Volotea, Ryanair et la compagnie allemande Lufthansa, qui a décidé de supprimer 20 000 vols jusqu’en octobre, sont dans la même situation. « Hélas, il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés », a averti la semaine dernière le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen.
Les perspectives ne sont pas réjouissantes. Pour comprendre les raisons de cette situation chaotique dans le ciel, nous avons cherché à savoir quelle était la consommation de carburant des avions de ligne par vol et quel était le coût pour le plein de ces géants des airs.
La consommation dépend du type d’avion et de la durée du vol. Pour des gros-porteurs comme le Boeing 787 effectuant des long-courriers, la capacité en carburant dépasse les 126 000 litres, pouvant atteindre 184 000 litres pour certains A350. Pour les moyen-courriers, la capacité est beaucoup plus faible, par exemple avec 26 000 litres pour un A320.
Concernant la consommation, cela varie aussi. « Un moyen-courrier comme l’A320 consomme environ 2 tonnes à l’heure, soit environ 2 400 litres », précise Gérard Feldzer, consultant en aéronautique. Pour un long-courrier comme l’Airbus A350, la consommation est d’environ 4,5 tonnes à l’heure, soit plus de 5 000 litres. Pour relier Paris à New York en environ huit heures, un A350 consommera donc près de 40 000 litres de kérosène, pour un coût total se chiffrant en dizaines de milliers d’euros.
Le prix du kérosène a en effet grimpé, passant de 750 dollars la tonne (1 200 litres) avant le conflit à près de 1 900 dollars début avril, rendant la situation encore plus difficile pour les compagnies aériennes. « Le kérosène représentait environ 25 % du total des coûts d’une compagnie aérienne. Et là, il évolue entre 40 et 45 % », a déclaré la semaine dernière Pascal de Izaguirre, PDG de la compagnie aérienne Corsair et président de la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers, sur le plateau de BFM Business.
De plus, les compagnies aériennes doivent effectuer des détours pour éviter certaines zones aériennes devenues impraticables depuis le début du conflit. « Quand on revient d’Asie par exemple, les avions sont contraints de faire des détours d’une à deux heures et cela coûte très cher en carburant, en personnel et en maintenance », ajoute Gérard Feldzer.
Le président d’Aviation Sans Frontières se montre pessimiste pour le transport aérien tant que la guerre au Moyen-Orient perdure. « Les compagnies perdent beaucoup d’argent en ce moment et elles vont continuer de souffrir tant que le conflit perdure, assure-t-il. Dans ce contexte, les low-cost sont encore plus impactées et elles ne vont pas pouvoir tenir bien longtemps, c’est pour cela qu’elles suspendent certaines lignes et cela risque de se poursuivre. »

