Italie : Vingt ans après Calciopoli, un autre scandale d’arbitrage ?
Le football italien ne s’est pas hissé dans le dernier carré d’une des trois Coupes d’Europe cette saison. Gianluca Rocchi, ancien arbitre chef des arbitres italiens, est mis en examen pour complicité de fraude sportive dans une enquête ouverte par le parquet de Milan.
Le football italien traverse une saison particulièrement sombre sur le plan sportif, aucun club transalpin n’ayant atteint les demi-finales de l’une des trois Coupes d’Europe, et la Nazionale s’apprêtant à manquer sa troisième Coupe du monde consécutive cet été. En outre, la récente démission de Gabriele Gravina, président de la Fédération italienne de football, a été suivie d’un nouveau scandale d’arbitrage qui continue de secouer la Serie A.
Gianluca Rocchi, un ancien arbitre peu connu en dehors de l’Italie, est au cœur de cette enquête ouverte par le parquet de Milan. Chef des arbitres italiens depuis cinq ans et ayant officié lors de la Coupe du monde 2018, il est désormais mis en examen pour complicité de fraude sportive. Il est notamment soupçonné d’avoir désigné des arbitres supposément favorables à l’Inter Milan lors de deux matchs cruciaux en avril 2025.

Trois personnes mises en examen jusqu’à présent
Les matchs en question sont la demi-finale retour de la Coupe d’Italie contre l’AC Milan (0-3 après le 1-1 à l’aller) et un match de Serie A à Bologne (1-0), décisif dans la course au titre. L’enquête pourrait rivaliser avec l’affaire Calciopoli, qui célèbre son 20e anniversaire cette année, bien que Naples ait finalement remporté la Serie A et Bologne la Coupe cette année-là. Il est encore trop tôt pour se prononcer, mais cette investigation a été déclenchée par un courrier envoyé au parquet de Milan par Domenico Rocca, un arbitre assistant renvoyé en juin 2025, qui se plaignait de notes qu’il considérait comme injustes, et qui contient plusieurs éléments troublants.
Parmi eux figure une supposée intervention de Gianluca Rocchi auprès des arbitres VAR lors d’un match Udinese-Parme (1-0) en mars 2025, où un penalty a été marqué par Florian Thauvin. Bien que le parquet de la fédération italienne de football (FIGC) ait classé l’affaire sans suite, le parquet de Milan a ouvert une enquête, comme l’a révélé samedi l’agence de presse AGI. D’autres personnes mises en examen incluent Daniele Paterna, arbitre VAR durant ce fameux Udinese-Parme, ainsi qu’Andrea Gervasoni, ancien arbitre devenu superviseur VAR, soupçonné d’être intervenu en plein match (un Salernitana-Modène de Serie B en mars 2025) dans la salle des arbitres VAR, tout comme Rocchi.
Le président de l’Inter se dit « serein »
Des informations supplémentaires seront bientôt disponibles, car Gianluca Rocchi, qui dément les accusations, est convoqué jeudi par le parquet de Milan. Étant déjà au cœur des polémiques concernant un match précédent aux décisions arbitrales controversées (une victoire 2-1 contre l’Hellas Vérone en janvier 2024), l’Inter Milan a réagi officiellement dimanche.
« Nous apprenons tout par la presse, a déclaré le président Giuseppe Marotta sur Sky. Nous n’avons pas d’arbitres favorables ou défavorables. La saison dernière, et je ne le dis pas par plainte, nous avons objectivement subi des décisions défavorables, et certaines ont été reconnues comme telles. Je suis serein, nous n’avons rien à voir avec tout cela. »

Le « pierre-feuille-ciseaux » décisif au centre VAR ?
Ezio Simonelli, président de la Serie A, a pour sa part déclaré : « Il n’est en aucun cas acceptable de mettre en doute la régularité du championnat ». Toutefois, l’ancien arbitre de Serie A Pasquale De Meo a dénoncé lundi auprès d’AGI une pratique de Gianluca Rocchi. Ce dernier aurait instauré un système de code gestuel permettant de modifier des décisions VAR depuis l’extérieur de la salle dédiée.
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« Il s’agissait de gestes décidés lors des réunions privées hebdomadaires des arbitres, comme le geste du « pierre-feuille-ciseaux » », a affirmé Pasquale De Meo, qui se dit « heureux » de voir l’affaire entre les mains d’un « organe véritablement impartial ». Les doutes persistent quant à la capacité du football italien à se relever d’une saison si catastrophique.

