La Chine annule le rachat de Manus par Meta : 2 milliards en jeu.
Pékin a ordonné à Meta d’annuler le rachat de la start-up d’IA Manus, conclu en décembre 2025 pour 2 milliards de dollars. Le 27 avril 2026, l’autorité chinoise a publié un communiqué stipulant que les « investissements étrangers » dans Manus sont interdits et que les parties doivent « retirer la transaction ».
Pékin a récemment ordonné à Meta d’annuler l’achat de la start-up d’intelligence artificielle Manus, finalisé en décembre 2025 pour un montant de 2 milliards de dollars. Le problème est que Meta a déjà intégré cette technologie au sein de ses produits. Retrouver la situation antérieure s’annonce complexe.
Cette situation rappelle celle d’une personne ayant conclu l’achat d’une maison à la fin décembre, ayant déjà emménagé, refait des travaux et, en avril, se retrouve face à l’ancien propriétaire, accompagné d’un huissier, demandant la restitution des clés, le remboursement de la transaction et l’arrêt immédiat de l’occupation des lieux.
Meta se trouve dans une position semblable concernant Manus. Cependant, l’autorité qui apparaît ici est la Commission nationale du développement et de la réforme, basée à Pékin.
Le 27 avril 2026, l’autorité chinoise a diffusé un communiqué succinct : les « investissements étrangers » dans Manus sont désormais interdits, et les parties sont sommées de « retirer la transaction ».
Manus est cet agent d’IA développé par la start-up Butterfly Effect, lancé en mars 2025, qui est capable de réaliser des tâches complexes de manière autonome telles que la recherche, le codage ou l’analyse de données. Fin décembre, Meta avait engagé 2 milliards de dollars pour acquérir Manus, en ajoutant un montant supplémentaire pour la rétention des équipes, faisant de cet achat l’un de ses plus importants après ceux de WhatsApp et Scale AI. Afin de se conformer aux exigences chinoises, la société avait déplacé son siège à Singapour à la mi-2025 et avait coupé tout lien avec des investisseurs chinois, mais cela n’a pas suffi à Pékin.
Le véritable défi réside dans l’exécution de cette demande d’annulation. Selon le Financial Times, des sources proches de l’affaire estiment qu’il est « difficile d’imaginer » comment annuler un accord à ce stade avancé. Les fondateurs de Manus sont déjà employés par Meta, le CEO Xiao Hong se rapporte directement à Javier Olivan, COO de Meta, et l’algorithme de Manus est en phase d’intégration dans les produits de l’entreprise.
Pékin exige une annulation complète de la transaction, un transfert de propriété inverse et l’arrêt immédiat de l’utilisation de l’algorithme. À défaut, Meta pourrait faire face à des sanctions, à des limitations dans ses activités en Chine, voire à des poursuites pénales contre les personnes impliquées.
Actuellement, la société de Mark Zuckerberg, qui a pratiquement plus rien à perdre sur le marché chinois, réagit par le biais d’un communiqué affirmant que la transaction « était parfaitement conforme à la législation en vigueur ».
En outre, il est à noter que Donald Trump doit se rendre à Pékin le 14 mai 2026, marquant son premier voyage en Chine depuis 2017. Les discussions porteront sur les tarifs douaniers, les ressources rares, les semi-conducteurs, et plus globalement sur la guerre technologique entre les deux superpuissances. Bloquer publiquement un rachat américain d’une start-up d’IA chinoise trois semaines avant ce sommet constitue une stratégie bien orchestrée pour établir des positions sur le plateau d’échecs international. Cela envoie également un message aux autres start-ups envisageant de quitter la Chine pour Singapour, leur faisant comprendre qu’elles ne sont pas à l’abri des implications juridiques.

