FranceMaroc

La douane saisit de plus en plus de biens culturels iraniens.

Les douaniers français ont effectué plusieurs saisies marquantes de biens culturels dans des villes telles que Lille, Amiens, Bayonne, Béziers et Sète. En 2025, la douane a réalisé des saisies de biens culturels en hausse de 12 %, ayant conduit à l’interception de 25.070 articles.

Ces derniers mois, les douaniers français ont intensifié leurs interventions contre le trafic de biens culturels. Plusieurs saisies significatives ont eu lieu à Lille, Amiens, Bayonne, Béziers et Sète, selon un communiqué de la douane publié vendredi.

Parmi les objets saisis, on a notamment trouvé des biens culturels iraniens d’une valeur totale estimée à plus de 100 000 euros, 280 objets préhistoriques et gallo-romains, 402 objets archéologiques, tels que des épées et des lingots de l’Âge de Bronze, ainsi que près de 2 000 pièces archéologiques algériennes.

Des objets qui « relevaient de la catégorie des biens culturels protégés »

Le 13 avril dernier, quatre biens culturels iraniens, estimés à près de 137 000 euros, ont été interceptés par les douaniers de Lille-Lesquin lors du contrôle d’une exportation d’objets d’art à destination du Royaume-Uni, avec une valeur déclarée de 27 471 euros. « Un contrôle physique les a conduit à douter de cette estimation et la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) Hauts-de-France a été sollicitée pour expertise », a expliqué la douane.

Celle-ci a constaté que « quatre des cinq objets, à savoir deux fragments de monuments et deux pièces issues de fouilles archéologiques, étaient d’origine iranienne et relevaient de la catégorie des biens culturels protégés ». Ces objets, expédiés depuis les Pays-Bas par un transporteur spécialisé vers un marchand d’antiquités britannique, ont été saisis.

En décembre dernier, suite à une information de la Drac (Direction Régionale des Affaires Culturelles) de Bordeaux, les douaniers de Bayonne ont effectué une visite au domicile d’un individu soupçonné de fouilles illégales, en présence d’experts archéologiques.

Lors de cette opération, ils ont découvert 402 objets archéologiques dont l’intéressé ne pouvait justifier la détention : cinq lingots en cuivre de l’Âge de Bronze, trois fers de lance, deux épées et un couteau de la protohistoire, ainsi qu’une boucle de ceinture de l’époque mérovingienne. Ces objets ont été saisis et confiés à la Drac.

« L’intéressé cherchait à revendre certaines de ses trouvailles sur internet »

Parmi les pièces les plus remarquables figurent « neuf bifaces paléolithiques et une hache polie en silex du Néolithique.
Parmi les pièces les plus remarquables figurent « neuf bifaces paléolithiques et une hache polie en silex du Néolithique. - Douane Française

« L’intéressé cherchait à revendre certaines de ses trouvailles sur internet, après avoir fouillé sans autorisation plusieurs sites du département », a précisé la douane. Les 280 biens archéologiques ont été confisqués « et seront prochainement remis à un service spécialisé pour leur conservation et leur valorisation auprès du grand public ».

Suite à un renseignement, les douaniers de Sète ont également saisi près de 2 000 objets archéologiques préhistoriques, comprenant des outils en pierre, des fossiles, des fragments de céramique et des monnaies antiques, répartis en 118 lots et provenant principalement d’Algérie, qui sont sur le point d’être mis en vente. Leur valeur est estimée entre 5 000 et 8 000 euros. « Aucun document ne justifiait leur acquisition ni leur importation régulière ». Les marchandises ont été saisies et confiées au Centre de Documentation Archéologique du Gard à Nîmes, pour leur étude scientifique et leur valorisation patrimoniale.

Une soixantaine de fossiles dissimulés dans le fourgon d’un passager sur le ferry venant du Maroc

Les mêmes douaniers de Sète ont également réalisé une saisie « remarquable » en novembre dernier, lors d’un contrôle sur le ferry en provenance du Maroc. « Dissimoulée dans le fourgon d’un passager, une soixantaine de fossiles, ossements et minéraux (dont un squelette de poisson-scie, des ammonites et des trilobites) » ont été découverts. « Ces objets sont susceptibles de provenir de sites de fouilles sauvages au Maroc, souvent pillés pour alimenter un trafic international, et peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros à l’unité sur les marchés spécialisés ».

Notre dossier sur la contrebande

En avril dernier, neuf objets ethnographiques ont également été saisis à Limoges et ont rejoint les collections du musée d’ethnographie de l’université de Bordeaux. En 2025, la douane a réalisé des saisies de biens culturels en hausse de 12 %, ayant conduit à l’interception de 25 070 articles, dont le sou d’or de Charlemagne, remis à la Bibliothèque nationale de France.