Algérie

Suspension immédiate des autorisations d’importation de produits pharmaceutiques en Algérie

Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a annoncé la suspension de la réception des nouvelles demandes d’agrément pour l’importation de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux « jusqu’à nouvel ordre ». Cette décision a été prise dans un contexte de tensions sur le marché, où plusieurs produits pharmaceutiques sont signalés en situation de tension, voire de rupture, dans certaines officines à travers le pays.


Le ministère de l’Industrie pharmaceutique renforce les restrictions concernant **l’importation de produits pharmaceutiques en Algérie**. Cette nouvelle décision intervient dans un contexte de tensions récentes sur le marché, mais les raisons de cette mesure n’ont pas été divulguées.

**Suspension des agréments pour l’importation de produits pharmaceutiques jusqu’à nouvel ordre**

Selon une note officielle de la Direction des activités pharmaceutiques et de la régulation, le ministère a annoncé qu’il suspend la réception des nouvelles demandes d’agrément pour l’importation de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux. Le document précise que cette décision s’applique à « l’ensemble des opérateurs économiques souhaitant obtenir des agréments pour l’exercice de l’activité d’importation ». Ainsi, **les nouveaux dossiers ne seront plus acceptés, et ce « jusqu’à nouvel ordre »**.

Le ministère souligne l’importance de l’application stricte de cette instruction, sans toutefois en expliquer les raisons.

**Une décision dans un contexte de tensions sur le marché pharmaceutique**

Cette mesure survient dans un climat de tension. Au cours des dernières semaines, plusieurs produits pharmaceutiques ont été reportés en situation de pénurie ou de rupture dans certaines pharmacies à travers le pays. Dans une note du 2 avril, **le ministre de l’Industrie, Wassim Kouidri, a lui-même reconnu ces difficultés**. Il a indiqué : « Il m’a été donné de constater que certains produits pharmaceutiques […] sont en situation de tension ou de rupture ».

Cependant, il a également précisé que les stocks disponibles sont conservés par les acteurs du secteur. Selon lui, ces produits « demeurent **disponibles au sein des stocks** détenus par des établissements pharmaceutiques d’importation, de fabrication ou de distribution en gros ».

Face à cette situation, des instructions fermes ont été émises :
– Mise sur le marché des stocks disponibles
– Respect des délais de distribution (entre 48 heures et 5 jours)
– Renforcement des contrôles via des missions d’inspection

Le ministre a également averti que tout manquement exposerait les opérateurs à **des sanctions pouvant aller « jusqu’au retrait de l’agrément »**.

**Entre restriction et facilitation : une régulation à double vitesse**

La suspension des agréments pour l’importation de produits pharmaceutiques contraste avec une autre décision récente du même ministère. Trois semaines plus tôt, les autorités avaient choisi d’**alléger les procédures liées à l’importation des matières premières pharmaceutiques**.

Concrètement, le ministère a supprimé l’attestation de régulation pharmaceutique du dossier de domiciliation bancaire. Cette mesure a été adressée à l’Association des établissements bancaires et financiers, avec instruction d’assurer son application stricte.

Ainsi, cette double approche met en lumière une orientation plus générale vers la structuration du marché local.