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En Cisjordanie et à Gaza, premières élections palestiniennes depuis la guerre.

Samedi, des Palestiniens de Cisjordanie et d’autres de la bande de Gaza sont appelés aux urnes pour désigner leurs maires et conseillers municipaux, avec près d’1,5 million de personnes inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie occupée et 70.000 à Deir el-Balah. Aucune liste ne se réclame en revanche du Hamas, le rival islamiste du Fatah, qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza depuis 2007.

Un vote marqué par le désenchantement, pour la première fois depuis le début du conflit. Samedi, des Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont appelés à voter pour élire leurs maires et conseillers municipaux. En tout, près de 1,5 million de personnes sont inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie occupée et 70 000 à Deir el-Balah, située au centre de l’enclave, selon la Commission électorale centrale basée à Ramallah.

Les bureaux de vote ouvriront de 7 heures à 19 heures en Cisjordanie, tandis qu’à Deir el-Balah, ils fermeront à 17 heures afin de permettre le dépouillement à la lumière du jour en raison de la pénurie d’électricité.

Aucune liste du Hamas

La majorité des listes électorales soutient le Fatah, le parti nationaliste et laïque dirigé par le président palestinien Mahmoud Abbas, âgé de 90 ans, ou sont indépendantes. En revanche, aucune liste ne se revendique du Hamas, le mouvement islamiste rival du Fatah qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza et dont l’attaque sur Israël le 7 octobre 2023 a déclenché le conflit.

Mahmoud Bader, homme d’affaires de Tulkarem au nord de la Cisjordanie, a déclaré qu’il voterait, sans illusion : « Indépendants ou venant d’un parti, les candidats ne changeront rien à la ville », a-t-il confié à l’AFP, alors qu’Israël contrôle deux camps de réfugiés voisins depuis plus d’un an. « C’est l’occupation (israélienne) qui dirige Tulkarem », a-t-il ajouté. Dans d’autres grandes villes comme Naplouse et Ramallah, une seule liste est présente.

« Droits démocratiques »

À Gaza, sous le contrôle du Hamas depuis 2007, ces élections sont les premières depuis les législatives de 2006 que le mouvement avait remportées. Le Coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a salué l’organisation de ce scrutin, soulignant qu’il « représente une occasion importante pour les Palestiniens d’exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile. »

A Deir al-Balah, une des rares localités du territoire dévasté par deux ans de frappes israéliennes où la population n’a pas été massivement déplacée, ce vote constitue un test pour l’Autorité palestinienne. Selon Jamal al-Fadi, expert en sciences politiques à l’université Al-Azhar au Caire, l’institution dirigée par Mahmoud Abbas utilise le scrutin comme « une expérience (afin d’estimer) son succès ou son échec, car il n’y a pas de sondages » depuis le cessez-le-feu en octobre 2025. Le président, en poste depuis 2005, a maintenu sa promesse d’organiser des élections présidentielles et législatives, mais celles-ci n’ont jamais eu lieu.

Une présence « malgré tout »

La commission électorale a indiqué avoir fait appel à « une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote » à Gaza, selon son porte-parole, Farid Taamallah. Cependant, une source de la commission à Gaza, souhaitant rester anonyme, a affirmé que « la police du Hamas a insisté pour assurer la sécurité du processus électoral à Deir al-Balah », précisant le déploiement de « personnel de sécurité non armé en civil » autour des bureaux de vote.

Farah Chaath, résidant à Deir al-Balah, a exprimé sa joie de voter pour la première fois à 25 ans, considérant que l’élection « est une confirmation de notre présence continue dans la bande de Gaza malgré tout ».