Liban : Une journaliste tuée par une frappe israélienne, malgré la trêve.
Amal Khalil, journaliste libanaise, a été tuée mercredi par une frappe israélienne dans le sud du Liban. Selon le dernier bilan officiel, les frappes israéliennes depuis le 2 mars ont fait 2.454 morts et plus d’un million de déplacés dans le pays.
Amal Khalil, journaliste libanaise couvrant le conflit dans la ville d’al-Tiri, au sud du Liban, a été tuée mercredi par une frappe israélienne. Sa collègue, Zeinab Faraj, a été blessée, selon la Défense civile. D’après le quotidien al-Akhbar, relayé par L’Orient le jour, la journaliste a été ensevelie sous les décombres d’une maison où elle s’était réfugiée après une première frappe. Le ministère libanais de la Santé indique même que l’armée israélienne a « poursuivi » les deux journalistes, ciblant leur abri après la première attaque.
Avant l’annonce du décès de la reporter, l’agence de presse libanaise officielle Ani avait signalé que quatre personnes avaient été tuées par des frappes israéliennes dans l’est et le sud du pays. De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir touché dans le secteur d’al-Tiri un véhicule quittant une « structure militaire » du Hezbollah, après avoir identifié des individus violant les arrangements de cessez-le-feu, suivie de la frappe de cette « structure ».
Sur X, le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a exprimé sa « profonde tristesse » suite à la mort de la journaliste, affirmant qu’elle avait été « prise pour cible par l’armée israélienne alors qu’elle remplissait son devoir professionnel ». Il a ajouté que « le ciblage des journalistes est un crime grave et une violation flagrante du droit international humanitaire, face auxquels nous ne resterons pas silencieux ».
La mort d’Amal Khalil survient malgré une trêve de dix jours entrée en vigueur le 17 avril dernier, qui doit expirer dimanche. Beyrouth prévoit de demander une prolongation d’un mois lors de pourparlers prévus ce jeudi entre les deux pays à Washington. Une source officielle a déclaré à l’AFP que « le Liban demandera une prolongation d’un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l’arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent ». Le président Joseph Aoun a confirmé que « des contacts sont en cours pour prolonger le cessez-le-feu », précisant que les futures négociations directes visent notamment « l’arrêt total des agressions israéliennes et le retrait israélien du territoire libanais ».
Israël, avant ces discussions, a indiqué ne pas avoir de « désaccords sérieux » avec le Liban, appelant à « travailler ensemble » contre le Hezbollah pro-iranien. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a déclaré : « Demain, les discussions directes entre Israël et le Liban reprendront à Washington. Je lance un appel au gouvernement du Liban : travaillons ensemble contre l’Etat terroriste que le Hezbollah a construit sur votre territoire ».
Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale avec l’Iran le 2 mars en lançant une attaque sur Israël, s’oppose à ces discussions. Les frappes israéliennes depuis cette date ont causé 2.454 morts et plus d’un million de déplacés au Liban, selon le dernier bilan officiel.
L’armée israélienne, ayant pénétré en territoire libanais, a établi une « ligne jaune » de séparation dans le Sud, semblable à celle de la bande de Gaza, dans le but de protéger la population du nord d’Israël. En réponse aux violations « flagrantes » du cessez-le-feu, le Hezbollah a revendiqué une attaque mardi sur cette zone.
Selon les termes de la trêve, Israël se réserve le droit d’agir contre des « attaques planifiées, imminentes ou en cours » au Liban. Cette trêve avait été demandée par Téhéran comme condition préalable à la reprise des pourparlers avec Washington, dans le but d’atteindre une paix durable entre l’Iran et les États-Unis.

