Tunisie

Enlèvement des véhicules en stationnement interdit : l’alternative numérique peut-elle remplacer les grues ?

Les altercations dans les fourrières municipales sont devenues quasi quotidiennes entre agents et automobilistes. Marouane Zayane a proposé de remplacer l’enlèvement des voitures par un dispositif numérique pour enregistrer les contraventions et informer les automobilistes sur le montant de l’amende et la fourrière concernée.


Les conflits se multiplient dans les fourrières municipales, où la tension entre agents et automobilistes s’est intensifiée. Ces disputes, souvent violentes, trouvent leur origine dans des enlèvements jugés abusifs par des conducteurs mécontents, dont les voitures ont été déplacées par la grue municipale pour stationnement interdit.

En principe, l’intervention des services municipaux repose sur des règles claires. Les véhicules sont retirés lorsqu’ils sont garés dans des zones strictement interdites, en double file, près d’un carrefour, dans un virage, ou lorsqu’ils gênent la circulation ou la visibilité des usagers de la route. Ces situations constituent autant d’infractions justifiant un enlèvement immédiat vers la fourrière.

Cependant, il arrive que les opérations d’enlèvement se fassent de manière brutale, sans précautions suffisantes, ce qui peut entraîner des dommages matériels aux véhicules. Ces incidents aggravent la colère des conducteurs, qui doivent payer une amende jugée excessive pour un motif souvent perçu comme injustifié.

Une autre source de frustration réside dans la difficulté de localiser les véhicules enlevés. Manquant d’informations claires, certains conducteurs sont contraints de visiter plusieurs fourrières municipales avant de retrouver leur voiture, ce qui s’apparente à un véritable parcours du combattant.

Face à ce constat, Marouane Zayane, député au sein du conseil national des régions et districts, a proposé de remplacer l’enlèvement des voitures par un système numérique. Ce dispositif consisterait à enregistrer les contraventions dans une base de données et à apposer un avis sur le pare-brise du véhicule en infraction, précisant le numéro d’enregistrement, le motif de la contravention, le montant de l’amende ainsi que l’adresse de la fourrière où l’automobiliste devra se rendre pour régler l’amende. Bien que cette démarche pourrait éviter de nombreux désagréments et supprimer l’enlèvement des voitures en infraction, elle présente néanmoins des faiblesses.

Ce mécanisme permettrait de rendre les rues plus dégagées en supprimant la vue des grues municipales dans les ruelles et les grandes artères, ce qui fluidifierait la circulation et éviterait des scènes de conflit liées à l’enlèvement des véhicules. Toutefois, son efficacité pourrait être entachée par le comportement incivique de certains conducteurs qui choisiraient d’ignorer les avis d’infraction et de refuser de payer les amendes.

Pour garantir l’efficacité du dispositif, il serait essentiel de lier cette base de données à celle des impôts, par exemple, ce qui permettrait de conditionner certaines démarches administratives, comme le paiement de la taxe de circulation, à l’acquittement préalable des amendes de stationnement interdit. Ainsi, une telle mesure renforcerait le caractère dissuasif du dispositif et en assurerait une application plus rigoureuse.