Les Ecologistes : Marine Tondelier face à une fronde interne.
Marine Tondelier a proposé vendredi, dans un courrier aux autres partis de gauche sauf LFI, de créer un « socle » programmatique « partagé » en identifiant 21 « priorités » pour la présidentielle 2027. Les Écologistes ont connu le plus grand nombre de communes perdues par rapport à 2020, selon un conseil fédéral extraordinaire qui a jugé les élections municipales « une défaite ».
Alors que les critiques s’intensifient au sein de sa formation politique, en particulier suite à des résultats décevants aux élections municipales, Marine Tondelier a tenté mardi de reprendre la main en évoquant la présidentielle. La secrétaire nationale des Écologistes, qui soutient toujours l’idée d’une primaire de la gauche, a ainsi mis en avant ses propositions pour la présidentielle de 2027.
Candidate à cette primaire, Marine Tondelier souhaite « remettre du fond dans la campagne », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
Une primaire très critiquée à gauche
Ses opposants lui reprochent souvent de se focaliser uniquement sur cette primaire, qui suscite des désaccords au sein de la gauche. Rejetée par le dirigeant de Place publique, Raphaël Glucksmann, ainsi que par le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon, elle fait également l’objet de critiques de la part d’une partie du PS, incluant le chef des députés Boris Vallaud, et même de l’ancien candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot.
Marine Tondelier défend toujours cette démarche, mais met l’accent sur les contenus : elle a proposé vendredi, dans une lettre adressée aux autres partis de gauche, à l’exception de LFI, la création d’un « socle » programmatique « partagé » en vue de 2027, en identifiant 21 « priorités » sur lesquelles ils pourraient collaborer. Toutefois, elle n’entend pas dialoguer avec les Insoumis. « Là où est partie LFI, on ne peut pas les suivre », a-t-elle affirmé, faisant référence aux différentes déclarations controversées de Jean-Luc Mélenchon.
Tondelier défend « la prospérité écologique »
La dirigeante des Écologistes propose notamment d’augmenter le Smic, d’accroître le salaire des enseignants de 15 % durant le quinquennat, de restaurer la police de proximité et de régulariser les travailleurs sans-papiers. « On va revendiquer de faire une campagne en portant des idées positives et joyeuses, il faut donner envie aux gens », a-t-elle insisté mardi. Elle prône également « la prospérité écologique » et souhaite défendre les thèmes de la solitude, de l’enfance, de la Sécurité sociale écologique et des « territoires oubliés de l’écologie ».
En interne, Marine Tondelier a été mise en difficulté dimanche lors d’un conseil fédéral extraordinaire, convoqué par ses détracteurs, qui considèrent que les élections municipales ont représenté « une défaite » pour Les Écologistes, parti ayant « connu le plus grand nombre de communes perdues » par rapport à 2020. Pour l’ex-eurodéputée Karima Delli, la priorité aurait dû être de défendre le bilan des maires écologistes, mais « on a préféré parler de primaire et de présidentielle ».
La députée Sandrine Rousseau, également opposante, déplore quant à elle que Les Écologistes aient opté pour une alliance avec le PS plutôt qu’avec LFI, qualifiant cette approche de « stratégie de la grenouille », celle qui, plongée dans une casserole d’eau froide chauffée lentement, finit par mourir ébouillantée sans avoir tenté de s’échapper.

