Les autorités conseillent un « kit d’urgence » de trois jours aux Belges.
Le Centre de crise national répond aux questions sur les situations d’urgence sur son site Internet et prodigue plusieurs conseils pour vivre en autonomie pendant 72 heures. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin, a déclaré : « Nous n’avons pas de culture de la sécurité en Belgique. »

Quels réflexes adopter en cas d’urgence ? Que faut-il emporter si vous devez quitter votre domicile ou, au contraire, y rester en autonomie pendant plusieurs jours ? Le Centre de crise national répond désormais à ces questions sur son site Internet. Dans le cadre de sa campagne « Prêts ensemble », ce service gouvernemental, chargé de la sécurité et de la gestion des urgences dans notre pays, prodigue plusieurs conseils allant de l’élaboration d’un plan d’urgence à la liste des affaires indispensables pour vivre en autonomie pendant 72 heures.
Le premier réflexe recommandé est de savoir comment accéder rapidement aux bonnes informations en cas d’urgence. La campagne résume cette préparation en trois étapes simples :
- S’inscrire gratuitement à BE-Alert, le système d’alerte des autorités.
- Suivre les canaux de communication de votre commune, province et services de secours locaux.
- Se renseigner de manière proactive sur les risques via www.centredecrise.be
- Vos documents importants, comme les copies de vos contrats d’assurance.
- Une liste de numéros de téléphone de votre famille et amis, ainsi que des contacts d’urgence (ex. : fournisseur de gaz, d’eau, d’électricité, central d’alarme, médecin, compagnie d’assurance).
- Une copie des cartes d’identité des membres de votre foyer.
- Un stylo à bille et du papier.
- Une pharmacie de base pour les premiers secours : bandages, pansements, compresses, ciseaux, pince à épiler, épingles de sûreté, analgésiques, désinfectant, etc., ou des médicaments essentiels si nécessaire.
- Des mouchoirs, serviettes hygiéniques, dentifrice et brosse à dents.
- Un chargeur de téléphone et une batterie externe.
- Un peu de monnaie liquide pour vos besoins essentiels, au cas où vous ne pourriez pas effectuer de paiements en ligne ou retirer de l’argent. Prévoyez une somme suffisante pour environ 72 heures, mais évitez de conserver de grosses sommes à la maison.
- Un couteau de poche multifonction.
- Un sifflet pour signaler votre présence aux secours.
- Une ou deux bouteilles d’eau (un litre d’eau par personne).
- Quelques biscuits, des noix ou des barres énergétiques.
- Une lampe de poche, de préférence à dynamo. Si vous optez pour une lampe à piles, n’oubliez pas d’apporter des piles de rechange.
Pour se préparer à un éventuel blocage à la maison, les autorités conseillent de garder en permanence de l’eau en bouteille, des aliments à longue conservation nécessitant ni eau ni électricité pour être préparés, tels que des noix, biscuits et conserves, ainsi qu’un ouvre-boîte. Pensez aussi aux affaires et à la nourriture nécessaire pour vos animaux domestiques.
« Il ne s’agit pas de faire peur, mais de ne pas se voiler la face« , explique le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR). « On pourrait faire comme si aucune crise ou catastrophe liée – entre autres – au changement climatique n’avait eu lieu, contrairement aux près de 40 décès en 2021 dus aux inondations. On pourrait aussi faire semblant qu’il n’y a pas de situation géopolitique actuelle plus inquiétante qu’il y a 15-20 ans. […] Dans notre partie de l’Europe, nous avons la chance de vivre depuis plus de 80 ans en paix, la plus longue période de paix sur le continent. Il faut s’en réjouir, mais la situation peut changer. […] Est-ce que cela va réellement se produire ? J’espère que non, mais il est impossible d’affirmer aujourd’hui que la probabilité est nulle. Il faut se préparer.«
« Chaque citoyen doit également assumer ses responsabilités »
Le diplomate souligne la distinction entre résistance et résilience. « La résilience consiste à se préparer au choc. Être prêt non seulement à encaisser le choc, mais aussi à rebondir rapidement après. » Il cite en exemple « nos voisins du nord » (Suède, Finlande, etc.) qui « ont toujours vécu avec une forme de menace russe » et sont dans « un état de préparation permanent« . « Nous devons simplement nous hisser à un certain niveau« , ajoute le ministre. « Les autorités le font avec des plans de résilience pour nos entreprises ou pour la grande distribution. Chaque citoyen doit également assumer ses responsabilités. »
Lors de l’émission, un auditeur réagit en affirmant que, dans le contexte économique difficile actuel, le coût des équipements pour ces kits de base devrait incomber à l’État plutôt qu’aux citoyens. « Je ne le crois pas« , répond le ministre. « L’idée que l’État doit tout fournir tout le temps à tout le monde n’est pas ma philosophie politique. On évoque ici de l’eau, des conserves, des pâtes, des médicaments si nécessaire, et des produits d’hygiène pour 72 heures…«
« Nous n’avons pas de culture de la sécurité en Belgique »
Quelles menaces pourrions-nous être amenés à affronter ? « Bien que nous ne soyons pas en guerre aujourd’hui, dire que nous ne sommes pas sous attaque serait exagéré« , déclare Bernard Quintin. « Nous subissons des cyberattaques contre nos systèmes chaque jour, contre lesquelles nous nous protégeons« .
Après plus d’un an en fonction, le ministre de l’Intérieur constate que « nous n’avons pas de culture de la sécurité en Belgique. D’où, il est possible de faire des progrès pour établir une culture de sécurité plus présente sans atteindre le niveau de préparation de nos amis finlandais et suédois. Cependant, de la situation actuelle, nous pouvons vraisemblablement faire mieux.«

