Tunisie

Symfo Rock Experience : la musique n’est pas un droit pour tous

Salma Messaoudi, présidente de l’Association Tunisienne El Manar pour la Culture, a exposé la vision de sa structure lors de l’émission Panache sur RTCI le 18 avril 2026. Le spectacle Symfo Rock Experience, présenté ce même jour au Centre Culturel El Manzah 6, marque le lancement officiel des activités de l’association.

Salma Messaoudi, présidente de l’Association Tunisienne El Manar pour la Culture, a été reçue sur le plateau de RTCI le samedi 18 avril 2026 dans le cadre de l’émission Panache. Elle a présenté la vision et les engagements de son association lors du lancement officiel de ses activités, qui a été marqué par le spectacle Symfo Rock Experience. Elle a défendu la culture comme un droit fondamental et un puissant levier d’inclusion sociale.

Selon sa présidente, l’Association Tunisienne El Manar pour la Culture est née d’un engagement collectif, animé par la conviction que la culture doit être accessible à tous, sans distinctions géographiques ni sociales. Salma Messaoudi a souligné que la création de l’association vise à valoriser les talents locaux et à redonner une place centrale à la culture dans des régions souvent laissées pour compte.

Sur un plan personnel, l’intervenante exprime sa profonde conviction que la culture peut transformer des vies. Collectivement, elle évoque le désir d’agir concrètement pour établir des espaces d’expression, de rencontre et d’espoir au bénéfice des jeunes. Les priorités de l’association en découlent naturellement : promouvoir le droit à la culture, soutenir la création artistique, encourager la participation des jeunes et contribuer à une véritable décentralisation culturelle.

Symfo Rock Experience : un lancement officiel entre classique, arabe et rock

La musique a été choisie comme le premier grand axe d’action, car elle représente, selon la responsable associative, un langage universel capable de toucher immédiatement le public, en particulier les jeunes. Le spectacle Symfo Rock Experience, présenté ce 18 avril 2026 au Centre Culturel El Manzah 6, marque le lancement concret et officiel des activités de l’association.

La présidente de l’association décrit une création artistique qui fait dialoguer musique classique, musique arabe et éléments contemporains de rock et pop. La soirée s’ouvrira par un répertoire classique, avant d’interagir avec l’univers pop rock, établissant ainsi une fusion entre deux grands courants musicaux.

Trois jeunes chefs d’orchestre ont non seulement dirigé la musique, mais ont également contribué à l’écriture des partitions et aux arrangements pour l’orchestre et le groupe. L’intervenante souligne également le rôle du directeur du groupe ainsi que de la cheffe de chœur et responsable de la classe de chant. Selon elle, l’état d’esprit de ces jeunes musiciens allie enthousiasme et fierté, voyant cela comme une opportunité de se révéler, d’assumer des responsabilités artistiques et de se projeter dans un avenir créatif.

Des passerelles musicales au service de l’inclusion

La stratégie d’El Manar repose sur la création de passerelles entre les genres. En intégrant le rock et le pop, l’association vise à parler le langage des jeunes tout en les incitant à explorer d’autres univers musicaux. Il ne s’agit pas, insiste Salma Messaoudi, d’opposer les genres, mais de les faire dialoguer.

Cette logique s’applique également à la relation entre la musique arabe et les influences contemporaines : la musique arabe offre une riche base à valoriser et à enrichir par des apports contemporains, afin de créer de nouvelles formes accessibles à tous. La responsable associative affirme que la musique peut jouer un rôle clé dans l’inclusion sociale : elle a la capacité de rassembler, de donner une voix à ceux qui en sont privés, de redonner confiance et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les jeunes.

Vers les régions oubliées : défis, partenariats et vision à cinq ans

L’attention portée aux territoires marginalisés est au cœur de l’approche de l’association. Salma Messaoudi explique que ces régions sont souvent les plus éloignées de l’offre culturelle et qu’il revient à des structures comme la sienne d’aller vers elles. À long terme, elle envisage des ateliers artistiques, des spectacles itinérants, des résidences d’artistes, des formations et des projets participatifs. Elle considère que la culture peut ouvrir des horizons, stimuler la créativité, renforcer l’estime de soi et offrir des alternatives positives face aux difficultés sociales.

L’intervenante confirme également la volonté de développer des relations avec des structures travaillant avec des personnes en situation de handicap ainsi qu’avec les maisons de culture régionales, l’inclusion étant au cœur de la démarche associative. Les principaux obstacles identifiés sont liés au financement, à la logistique et au manque d’infrastructures adaptées dans certaines régions.

Pour surmonter ces défis, El Manar recherche activement des partenariats basés sur des valeurs communes et appelle les institutions publiques à faciliter l’accès au financement et à fournir des ressources. Sur les perspectives à cinq ans, Salma Messaoudi envisage une association solidement ancrée dans son territoire, avec des projets structurants, un réseau de partenariats varié et un impact tangible sur la vie culturelle et sociale des jeunes.