Un œil sur demain : ralentisseurs en pales d’éoliennes recyclées
Ce procédé a nécessité quatre années de recherches. Selon Gilles Wilkin, responsable commercial A-csys, la récupération de la matière première et sa transformation en ralentisseur économise l’équivalent de 20 kg de CO2 par module.
Ce procédé a nécessité quatre ans de recherches. « Avant d’accepter la matière, on va recevoir la fiche technique. Avec la fiche technique, on va regarder si toutes les substances qui sont utilisées pour fabriquer la pale d’éoliennes sont bonnes », explique Charles Göbbels, directeur de l’entreprise de recyclage Reprocover. « Si c’est bon, on peut l’accepter et on va recevoir sous forme de morceaux de pales d’éoliennes qui sont soit prédécoupées ou prébroyées. Une fois triée, cette matière va être broyée chez nous, puis tamisée et enfin utilisée comme renfort dans les produits finis. On ne peut pas faire un matériau avec 100% d’éoliennes. Du coup, on va la mélanger avec d’autres matériaux recyclés, avec des produits qui viennent par exemple de l’industrie automobile avec, par exemple, des protections de batterie électrique. »
### Des ralentisseurs plus durables et plus solides
La récupération de la matière première et sa transformation en ralentisseur économise, selon Gilles Wilkin, responsable commercial d’A-csys, l’équivalent de 20 kg de CO2 par module. Sur un ralentisseur qui comprend six modules, cela représente donc 120 kg de CO2 économisés, soit l’équivalent d’un voyage Bruxelles-Barcelone en voiture. La société spécialisée en sécurité routière estime également que la longévité de ce type de ralentisseur est une vingtaine de fois supérieure à celle des ralentisseurs en caoutchouc classiques.
### Perspectives multiples
Actuellement, seulement 1% des matériaux composites sont recyclés. Il reste donc 99% de composites qui ne sont pas recyclés. Charles Göbbels, directeur de l’entreprise de recyclage Reprocover, déclare : « On nous sollicite toutes les semaines pour recycler les composites. Il y a les éoliennes qui arrivent en fin de vie, mais il y a aussi tous les produits qu’on peut trouver dans les voitures, dans les produits électriques, dans les avions, dans les camions. Et donc, aujourd’hui, on a trop de matières premières. »
Après 15 à 25 ans de service, les premières éoliennes installées en Wallonie commencent à vieillir. L’entreprise produit déjà des caniveaux et travaille actuellement à trouver d’autres applications pour donner une seconde vie à tous ces matériaux.

