Aides face à la crise énergétique : décisions à venir ?
Le gouvernement se réunit ce vendredi pour discuter d’éventuelles mesures d’aides face à la hausse des prix des carburants. Selon la Banque nationale, l’État a engrangé des gains fiscaux assez faibles, estimés à 42 millions d’euros.
C’était une promesse formulée le 6 avril, et le gouvernement se réunit ce vendredi pour discuter de potentielles mesures de soutien face à l’augmentation des prix des carburants. Ces dix derniers jours ont permis à l’Arizona d’évaluer les ressources disponibles pour soutenir la population. Cependant, il est important de préciser que les chances d’adopter des mesures universelles pour tous les Belges sont minimes. Le Premier ministre Bart de Wever a réaffirmé qu’il n’y a plus d’argent. Si des mesures sont mises en place, elles cibleront des groupes spécifiques et seront temporaires. Au début du mois, il avait déjà souligné que les groupes visés seraient les Belges utilisant régulièrement leur voiture et les personnes les plus précarisées. Bart de Wever prône en outre la prudence budgétaire.
### Des moyens limités
Le Premier de la N-VA, Bart de Wever, voit sa position renforcée par un rapport de la Banque nationale, laquelle indique qu’il n’existe pas suffisamment de ressources pour financer des mesures d’aide. L’une des options envisagées était d’utiliser les bénéfices fiscaux réalisés durant les premiers mois de la crise. Toutefois, selon la BNB, l’État a en fait engrangé des gains fiscaux relativement modestes, estimés à 42 millions d’euros. Si la situation se prolonge, ces gains pourraient atteindre 500 millions d’euros. Cependant, la Banque nationale précise que la Belgique a besoin de cet argent. L’inflation, l’augmentation de la dette publique et les conséquences de la crise vont engendrer des coûts élevés dans les années à venir : entre 800 millions et 1,3 milliard d’euros d’ici 2028.
### Dans l’Arizona, qui pense quoi ?
Du côté flamand, le CD&V soutient la N-VA et plaide également en faveur de l’austérité budgétaire. Face aux deux alliés, on trouve les socialistes flamands de Vooruit, les Engagés et les libéraux du MR.
Tant chez Vooruit que chez les Engagés, des aides ciblées sont réclamées. Le ministre fédéral de la Mobilité et du Climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a réaffirmé ce matin, en tant qu’invité de « La Première », qu’il soutenait des aides « limitées et ciblées ».
Le MR, quant à lui, milite pour des aides plus larges. Cette semaine, son président, Georges-Louis Bouchez, a mis la pression en déclarant que, sans mesures prises, la survie du gouvernement serait en jeu. Cela risque de compliquer les discussions.
### Quelles mesures sont envisagées ?
Le MR a réitéré à plusieurs reprises son soutien à la mise en place du cliquet inversé (dont le principe est expliqué ici). Cependant, cette idée ne fait pas l’unanimité : « trop cher et pas assez ciblée », selon Jean-Luc Crucke. Il semble cependant quasi certain que ces mesures bénéficieront principalement aux populations précarisées et aux travailleurs ayant besoin de leur voiture pour se rendre au travail.
Quelle forme prendront ces aides ? Ce matin, Jean-Luc Crucke a proposé plusieurs pistes : « on peut penser au fonds mazout, on peut instaurer une indemnisation au kilomètre pour les déplacements domicile/lieu de travail ». Le ministre du Climat a également exprimé son souhait d’avoir des aides pour des secteurs d’activités spécifiques : « je pense à l’agriculture, je pense aussi à ceux qui ont besoin de leur voiture pour travailler, notamment dans les soins de santé, pour aller chez des patients ».
Ces idées seront-elles suffisantes pour convaincre le MR ? Seront-elles jugées trop limitées sur le plan budgétaire pour satisfaire Bart de Wever ? Les négociations s’annoncent donc complexes et longues, et rien ne garantit qu’un accord sera trouvé dans la journée.

