Amende de 13 millions d’euros pour entente sur les prix des grandes surfaces et magasins bio
L’Autorité de la concurrence a infligé une amende de 10 millions d’euros à Synadis Bio pour avoir mis en place une stratégie de mars 2017 à octobre 2024, visant à empêcher la commercialisation des mêmes marques de produits bio dans les magasins spécialisés et les grandes surfaces. De plus, Greenweez a été sanctionné à hauteur d’1,85 million d’euros, tandis qu’ITM Entreprises et Les Mousquetaires ont écopé d’une amende de 740.000 euros.
La stratégie mise en place par le Synadis Bio visait à interdire la vente des mêmes marques de produits biologiques dans les magasins spécialisés et les grandes surfaces. Cette information a été précisée dans la décision de l’Autorité de la concurrence.
La « stratégie collective » en question avait pour but d’éviter la comparabilité des prix, ce qui « aurait pu entraîner une baisse généralisée des tarifs au détriment » des magasins spécialisés. Ceci se déroulait dans un contexte où « l’offre de produits bio dans le circuit » des grandes surfaces avait fortement progressé, ce qui a fait d’eux le principal canal de distribution de ces produits depuis 2016.
### Deux marques pour le même produit
Le syndicat a été condamné à une amende de 10 millions d’euros pour avoir appliqué cette stratégie entre mars 2017 et octobre 2024, à travers des réunions de son conseil d’administration et un règlement intérieur adopté en 2018. Ce dernier stipulait que les adhérents devaient référencer au moins 95 % de produits alimentaires biologiques emballés, distribués exclusivement dans des magasins bio spécialisés.
Les membres de ce syndicat ont ainsi pris la décision collective de ne pas distribuer dans leurs magasins des produits également commercialisés dans les enseignes généralistes. Inversement, ils ont empêché la vente en grandes surfaces des marques qu’ils distribuaient. Certains fournisseurs se sont ainsi retrouvés contraints d’avoir deux marques pour le même produit, a souligné Thibaud Vergé, vice-président de l’Autorité de la concurrence, lors d’une conférence de presse.
### Une stratégie au détriment des consommateurs
Cette approche a eu des conséquences négatives pour les consommateurs, engendrant « un positionnement tarifaire plus élevé » dans les enseignes spécialisées par rapport aux grandes surfaces pour les mêmes produits, selon Thibaud Vergé, qui a mentionné des différences de prix atteignant 30 %. Contacté par l’AFP, Synadis Bio n’a pas immédiatement répondu. Ce syndicat représente 2.000 magasins, générant environ trois milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, et revendique 40 à 50 % de la distribution bio en France, avec 15.000 emplois concernés.
D’autres entreprises ont également été impliquées de manière ponctuelle dans ces pratiques dénoncées, d’après l’Autorité. Greenweez, un spécialiste de la vente en ligne de produits bio, racheté par Carrefour en 2016, a reçu une amende de 1,85 million d’euros, « solidairement avec sa société mère ». Le groupe Carrefour a fait savoir qu’il contesterait cette décision, affirmant que Greenweez n’avait participé qu’à une seule des décisions du syndicat sans avoir jamais adhéré ou mis en œuvre les pratiques évoquées par l’Autorité de la concurrence. Le groupe a également souligné que ses activités et celles de sa filiale SoBio étaient mises hors de cause.
Une amende de 740.000 euros a également été imposée à ITM Entreprises, solidairement avec sa maison mère Les Mousquetaires, tandis que Les Comptoirs de la Bio, enseigne bio du groupement Mousquetaires/Intermarché, a écopé de 80.000 euros d’amende. Le groupement Mousquetaires a déclaré à l’AFP qu’il allait analyser cette décision pour envisager un éventuel recours, tout en exprimant son engagement à offrir un accès à des produits bio de qualité dans l’ensemble de son réseau.

