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Hauts-de-Seine : Riverains ne cachent pas leur choc après l’assassinat d’Eric Robic à Neuilly

Une voiture de la police municipale barre l’accès au boulevard Victor Hugo, où un meurtre a été commis dans la matinée. Eric Robic, 51 ans, « était connu de la justice » et son casier judiciaire comporte douze condamnations depuis l’année 1994.


Une voiture de la police municipale bloque l’accès au boulevard Victor Hugo. Une femme s’approche de l’agent posté près du véhicule. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » interroge-t-elle, intriguée par la présence des forces de l’ordre qui sécurisent ce quartier habituellement paisible de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. « Il y a eu un accident grave », répond laconiquement le policier. En réalité, un meurtre a été commis dans la matinée.

Vers 9h20, deux hommes circulant sur un scooter de type T-Max se sont arrêtés près de la victime, résidant dans la rue. D’après nos informations, ils lui ont tiré dessus à plusieurs reprises, notamment à la tête avec une arme de poing, avant de s’enfuir. Les policiers intervenus ont essayé de réanimer l’homme en lui pratiquant un massage cardiaque, en attendant l’arrivée des secours. Cependant, la victime, grièvement blessée, est décédée. Le scooter des tueurs a été retrouvé plus tard, incendié, dans le 17e arrondissement de Paris.

« C’est la première fois qu’il se passe quelque chose comme ça ici. C’est un quartier très calme. En voyant les caméras des journalistes, j’ai d’abord pensé qu’ils tournaient un film », confie un riverain. Sur les lieux, les experts de la police technique et scientifique cherchent toute trace et indice pouvant aider les enquêteurs à identifier et retrouver les auteurs de ce crime. Le corps de la victime a été recouvert sous un chapiteau blanc, installé sur le trottoir. Plusieurs proches de la victime sont présents. Lorsque son corps est évacué vers 14h30, une femme pousse un cri de douleur.

Il semble d’ores et déjà certain que la victime n’a pas été visée au hasard. Les enquêteurs de la brigade criminelle privilégient, à ce stade, la piste d’un règlement de comptes. Signe de la sensibilité de l’affaire, le parquet de Nanterre, chargé initialement des investigations, a transféré le dossier à la Jirs (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris.

Eric Robic, 51 ans, « était connu de la justice », a déclaré la procureure de la République de Paris dans un communiqué. « Son casier judiciaire comporte douze condamnations depuis l’année 1994. Il avait été condamné pour des infractions financières, notamment au préjudice de concessionnaires automobiles et organismes bancaires, ainsi que pour homicide involontaire aggravé par conducteur », a précisé Laure Beccuau.

Eric Robic avait notamment fait l’objet d’une attention médiatique en septembre 2011. Cette année-là, alors qu’il conduisait sa BMW X6 en état d’ébriété à Tel-Aviv, il avait renversé une jeune femme de 25 ans, Lee Zeitouni. Il avait ensuite pris la fuite avec son passager, sans lui porter secours, et était rentré en France quelques heures plus tard. En 2014, il avait été condamné à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris.

Plus récemment, Eric Robic a été condamné en janvier 2024, dans le cadre d’une vaste escroquerie internationale, à 18 mois de prison ferme avec un sursis probatoire. L’affaire avait touché environ une centaine de victimes en 2013 et 2014.

Son assassinat a donc troublé ce jeudi la tranquillité des habitants du quartier où se situe le siège de la DGSI. Laurent, 65 ans, s’apprêtait à travailler lorsqu’il a entendu « trois ou quatre coups de feu », raconte-t-il à 20 Minutes. « Je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé. Ça m’a semblé bizarre. Mais comme il y a un chantier à côté, ça fait du bruit. Et j’ai pensé qu’il avait laissé tomber quelque chose. En sortant de chez moi, j’ai vu que tout était bloqué par la police », ajoute ce témoin, vêtu d’une veste verte et portant une barbe grisonnante.

Agé de 15 ans, Gaspar a reçu ce matin un message de sa petite amie habitant dans la rue. « Ish, à Neuilly, il s’est passé un truc de ouf, il y a des policiers face à moi », lui a-t-elle expliqué avant de partir à l’aéroport pour un voyage. L’adolescent et son groupe d’amis, tous étudiants au lycée Pasteur, sont choqués d’apprendre qu’un homme a été assassiné dans cette rue « où il n’y a rien du tout ». « C’est un peu chaud », dit l’un, tandis qu’un autre qualifie la situation de « troublante ».