High-tech

C’est quoi l’IPv8 ? Solution pour le problème des adresses Internet.

L’Internet Engineering Task Force (IETF) a publié un premier brouillon de l’IPv8 le 14 avril 2026 pour remplacer l’IPv4 et l’IPv6. En France, les opérateurs Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR ont déjà affecté de 88% à 99% de leurs adresses IPv4 à fin juin 2018 d’après l’ARCEP.

L’Internet Engineering Task Force (IETF) a publié un premier brouillon concernant l’IPv8, la future version destinée à remplacer l’IPv4 et l’IPv6. Ce nouveau système vise à résoudre de manière simple et définitive le problème des adresses sur Internet.
Connaître son adresse IP
Comment connaître votre adresse IP ? // Source : Frandroid

Sur Internet et, plus largement, sur tout réseau informatique, les dispositifs tels que les PC, smartphones, tablettes, consoles et routeurs échangent des informations grâce à un système d’adresses IP.

Jusqu’à présent, l’IPv4 a été principalement utilisée, avec des adresses telles que « 192.168.5.1 », qui se composent de quatre groupes de nombres variant de 0 à 255. Néanmoins, cette méthode présente une limite : 4,3 milliards d’adresses IPv4 au maximum. Cela peut sembler élevé, mais c’est insuffisant à l’ère de l’augmentation des objets connectés, tels que l’IoT, la domotique, les smartphones, les PC, les véhicules, les télévisions, etc.

Selon l’ARCEP, les opérateurs français Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR avaient déjà attribué entre 88 % et 99 % de leurs adresses IPv4 d’ici fin juin 2018.

Pour remédier à ce problème, l’Internet Engineering Task Force (IETF) a conçu un nouveau standard, l’IPv8. Actuellement en phase de brouillon, il pourrait amener à une éradication définitive de l’IPv4.

L’IPv6 a échoué

Cela ne constitue pas la première tentative de résoudre la question de l’adressage des machines sur Internet. En effet, depuis plus de trois décennies, l’IPv6 a été élaborée et mise en œuvre pour tenter d’améliorer la situation.

Le déploiement de l’IPv6 s’est avéré particulièrement complexe et lent. Ce standard offrait un tout nouveau système d’adressage en notation hexadécimale (par exemple : 2001:0db8:0000:0000:0000:8a2e:0370:7334), permettant de disposer d’un réservoir d’adresses IP infiniment plus vaste : plus de 340 sextillions d’adresses.

Malgré cela, l’IPv6 comportait de nombreuses options, compliquant son déploiement. Tandis que l’IPv4 distinguait entre le réseau local et le réseau Internet, l’IPv6 tentait d’unifier les deux. Cette migration, particulièrement longue, a ainsi conduit à une coexistence entre IPv4 et IPv6.

Parfois, la solution la plus simple est la meilleure

Nous en arrivons à l’IPv8 suggérée par l’IETF, avec un brouillon publié le 14 avril 2026. La solution proposée est beaucoup plus simple : fournir une nouvelle génération d’IP qui s’appuie de façon naturelle et logique sur l’IPv4.

Concrètement, l’IPv8 prévoit des adresses combinant huit groupes de quatre nombres variant de 0 à 255, contre quatre groupes pour l’IPv4. Cela permet une rétrocompatibilité totale avec l’IPv4. Ainsi, l’adresse « 192.168.5.1 » en IPv4 se transforme en « 0.0.0.0.192.168.5.1 » en IPv8.

Cela implique que tous les dispositifs et applications configurés pour l’IPv4 pourront continuer d’opérer dans un environnement IPv8. Tout a été pensé pour simplifier le déploiement éventuel de cette technologie.

Bien que le nombre d’adresses disponibles avec l’IPv8 soit inférieur à celui de l’IPv6, passant de 2128 à 264, il semble suffisant pour répondre à la demande croissante d’appareils connectés, d’autant plus que l’IPv8 conserve la distinction entre les réseaux locaux LAN et les réseaux Internet WAN.

Actuellement, la proposition de l’IPv8 en est à ses débuts, mais sa solution paraît très simple. Elle pourrait donc être adoptée rapidement si elle réussit à convaincre les membres de l’IETF.