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Quelles sont les qualités requises pour présenter un bulletin météo ?

Le bulletin météo peut durer d’une minute à trois minutes, selon l’heure de diffusion. Florence Savall Escudier indique qu’il n’y a pas d’école spécifique pour présenter la météo et que les présentatrices ne sont ni météorologues ni prévisionnistes ni journalistes.


Il fait la pluie et le beau temps à la télévision. Le bulletin météo, souvent associé à un journal télévisé, annonce la température à Nîmes ou le risque de cyclone au large de la Floride. Pour animer ce programme, l’un des plus suivis du petit écran, un homme ou une femme, dont le travail est plus complexe qu’il n’y paraît. « Ce n’est pas juste un sourire et un physique », avertit d’emblée Florence Savall Escudier.

La directrice de la production au service de l’information chez M6, qui se remémore les débuts de Tatiana Silva – qui vient de faire ses adieux sur TF1 après dix ans de présentation de la météo – sur sa chaîne, décrit le profil d’un métier en constante évolution.

### « Avoir une écriture assez fluide »

Pour présenter un bulletin météo à la télévision, il n’y a pas de chemin spécifique à suivre. « Nous avons des parcours très différents à l’antenne, explique Florence Savall Escudier. Il n’y a pas d’école dédiée à la présentation de la météo. Nos présentatrices ne sont ni météorologues ni prévisionnistes ni journalistes. Cela dit, avoir suivi une formation journalistique est une option pour animer ce programme. »

L’une des qualités essentielles est l’écrit, permettant de rendre compte d’un bulletin qui peut durer d’une minute (le midi) à trois minutes (le soir). « Il faut être précis, synthétique et avoir une écriture assez fluide », souligne la responsable de M6. Il s’agit donc de savoir remplir une page blanche avant d’annoncer un ciel bleu ou gris. « Nos présentatrices météo écrivent elles-mêmes, puis « réalisent » leurs bulletins, c’est-à-dire qu’elles racontent une histoire afin que les téléspectateurs les écoutent en les regardant », précise Florence Savall Escudier. Elles échangent avec des prévisionnistes et travaillent avec un prestataire de service météo, qui fournit des cartes et des analyses de prévisions.

### « Faire des choix éditoriaux »

À l’image des nuages, la préparation d’un bulletin météo est en continu mouvement. « Nos présentatrices ont la possibilité de modifier le scénario, en changeant l’orientation des cartes ou en ajoutant des vidéos, explique la directrice de la production au service de l’information chez M6. Elles enregistrent elles-mêmes leur voix off et l’intègrent dans la vidéo, ce qui exige de bonnes compétences en montage. Un bulletin doit aussi être construit dans le respect de contraintes temporelles. Il faut fournir beaucoup d’informations en quelques secondes, en particulier lors des alertes concernant différents départements. Elles doivent donc faire des choix éditoriaux. »

Ces tâches, « très complètes et très intéressantes », se déroulent en coulisses antes que le programme ne soit diffusé à l’antenne. Y a-t-il un profil particulier pour présenter le bulletin météo ? « Actuellement, chez M6, nous avons trois présentatrices [Gennifer Demey, Cali Morales et Stéphanie Duval], observe Florence Savall Escudier. Il n’y a pas si longtemps, Mac Lesggy, un homme d’un certain âge, reconnu pour son côté scientifique, animait la météo. Je ne pense pas qu’il y ait un profil plus féminin ou masculin pour ce type de programme. » Si ce métier semble aussi bien masculin que féminin, l’apparence, en raison du cadre télévisuel, est importante.

### Savoir « capter la lumière »

Avoir un côté solaire est donc un atout indéniable. Florence Savall Escudier ne le néglige pas : « Il faut avant tout capter l’image, la lumière. J’ai vu des gens très beaux venir pour un casting, mais face caméra, ils manquaient de charisme. Une fois la caméra en marche, la personne doit rayonner, attirer à la fois l’œil et l’oreille. » Seul(e) sur le plateau, le présentateur ou la présentatrice doit savoir occuper l’espace et faire preuve d’« agilité ». « C’est elle qui fait défiler les cartes à son rythme, grâce à une télécommande qu’elle tient dans la main », précise Florence Savall Escudier.

Enfin, au fil des saisons et des années, la présentation de la météo a évolué sur le plan audiovisuel. « Nos décors sont dynamiques, souligne la responsable de M6. Actuellement, nous sommes au printemps, avec des bourgeons aux branches. Avec l’aide d’un support technique et des prévisionnistes, le présentateur ou la présentatrice fait évoluer les cartes, en ajoutant des segments, par exemple. »

« Je pense qu’on a été les premiers à intégrer de la technologie avancée dans nos bulletins, poursuit Florence Savall Escudier. Lorsque je suis arrivée à la rédaction il y a quatorze ans, nous maîtrisions déjà totalement l’outil, sans graphiste ni monteur permanents. Depuis, nous organisons régulièrement des séminaires pour faire évoluer nos programmes, compte tenu des avancées graphiques, du décor ainsi que des initiatives pour proposer des « météos green » à l’extérieur. » Car même pour la météo, valeur sûre de la télévision, les temps changent.