JD Vance : semaine de la loose avec la défaite d’Orban et l’échec des négociations avec l’Iran.
Le vice-président américain JD Vance a visité le pape François le 20 avril 2025, un jour avant l’annonce de la mort du chef de l’Eglise catholique. Dimanche, après son déplacement en Hongrie pour soutenir Viktor Orbán, le leader d’extrême droite a perdu les élections législatives après seize ans au pouvoir.
Est-ce que la « malédiction Vance » a encore frappé ? Sur les réseaux sociaux, certains se moquent des malheurs qui suivent les déplacements du vice-président américain. Ce terme a été popularisé après sa rencontre avec le pape François, le 20 avril 2025, qui a été suivi le lendemain par l’annonce de la mort du chef de l’Église catholique.
La semaine dernière, deux nouveaux événements semblent renforcer cette malédiction. Tout d’abord, JD Vance était en Hongrie pour saluer les mérites de Viktor Orbán. Dimanche, après seize ans au pouvoir, le leader d’extrême droite a perdu les élections législatives. Par ailleurs, le vice-président a séjourné au Pakistan ce week-end pour poursuivre des négociations avec l’Iran dans le but de trouver une issue à la guerre au Moyen-Orient. Là encore, l’échec a été au rendez-vous : JD Vance a quitté Islamabad après avoir proposé une « offre finale et la meilleure possible » selon ses mots, tandis que le gouvernement iranien critiquait des « demandes déraisonnables » formulées par les États-Unis.
Une situation d’autant plus complexe pour le vice-président qu’il s’est largement opposé à l’interventionnisme militaire. Selon une enquête du *New York Times*, il avait même exprimé spécifiquement son désaccord avec l’opération américano-israélienne contre Téhéran. « Lorsqu’il a accepté d’être vice-président, il savait qu’il y aurait des moments difficiles où il se retrouverait en désaccord, résume Ludivine Gilli, directrice de l’Observatoire de l’Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès. Mais entre ses valeurs, ses convictions, et la loyauté envers le président, il a choisi la loyauté. »
Plutôt discret depuis le début du conflit, il s’est retrouvé en première ligne pour des négociations qui s’annonçaient déjà compliquées. « Certains ont interprété cela comme une volonté de JD Vance de résoudre une situation difficile pour affirmer son rôle de négociateur, mais je pense plutôt qu’on lui a transmis la patate chaude », ajoute Ludivine Gilli. Les pronostics n’étaient pas favorables et le vice-président ne les a pas contredits.
Cet échec est d’autant plus difficile à vivre qu’il fait suite à son déplacement en Hongrie. « Son autre préoccupation, qu’il avait mise en avant pour justifier son désintérêt pour les négociations iraniennes, était le soutien à Orbán. Et il a échoué », souligne la directrice de l’Observatoire de l’Amérique du Nord à la Fondation Jean-Jaurès, qui souligne un paradoxe dans la politique étrangère de Vance. S’il défend le principe du « America First » sans intervention militaire, « il est le premier à essayer d’interférer dans les affaires européennes. Cela a été le cas en Hongrie, mais c’était aussi le sens de son discours à Munich. »
Pour l’experte, deux interprétations sont possibles : une arrogance de JD Vance, qui pensait avoir un impact positif sur l’élection de son allié illibéral, ou une volonté de propager « aussi largement que possible son idéologie réactionnaire très spécifique », précise-t-elle. Elle conclut : « Manifestement, l’intervention du vice-président américain n’a pas aidé Viktor Orbán, au mieux, et au pire, elle a pu lui nuire. »
Ces revers ne sont cependant pas rédhibitoires, nuance l’experte. « Je ne considère pas cette semaine comme un tournant pour les ambitions présidentielles de JD Vance, mais cela met en lumière les difficultés qu’il va rencontrer », explique Ludivine Gilli. En outre, ces échecs seront des éléments « dont ses opposants se souviendront », ajoute-t-elle. Les démocrates, bien sûr, mais également ses rivaux républicains dans la course à la succession de Donald Trump pour 2028, qui s’annonce « brutale ».

