France

Double féminicide dans la Vienne : utilisation croissante des drones GIGN.

Un homme né en 1960 est suspecté d’avoir tué dimanche à Montmorillon, dans la Vienne, son ex-compagne et la sœur de celle-ci. La force d’intervention de la gendarmerie nationale utilise des drones depuis une vingtaine d’années, selon un rapport du Sénat.


Son arrestation a été facilitée par l’utilisation d’un drone. Un homme né en 1960 est soupçonné d’avoir tué dimanche à Montmorillon, dans la Vienne, son ancienne compagne ainsi que la sœur de celle-ci. Cet ancien militaire s’est rendu chez elles armé d’un fusil et leur a tiré dessus, avant de retourner à son domicile. Après la découverte des corps des victimes, une centaine de gendarmes, comprenant des membres de l’antenne du GIGN de Tours, ont été déployés dans cette commune d’environ 5.800 habitants pour localiser et intercepter le suspect. Ce dernier a été trouvé blessé par balle à la poitrine par les opérateurs de l’unité d’élite et est décédé dans la soirée à l’hôpital de Poitiers. C’est lors de cette opération qu’un drone a été utilisé.

Traque de fugitifs, intervention face à des forcenés, interpellations à haut risque de trafiquants… La force d’intervention de la gendarmerie nationale, qui effectue quotidiennement une dizaine de missions en France et à l’étranger, se sert de drones depuis environ vingt ans, selon un rapport du Sénat. Le GIGN central, situé à Versailles dans les Yvelines, comprend une section des moyens spéciaux au sein de sa division technique. Disposant de drones aériens, terrestres ou roulants, ces militaires sont en alerte constante. Ils accompagnent leurs collègues de la force d’intervention lorsqu’ils doivent se déployer, à tout moment du jour ou de la nuit, sur des scénarios tels que des tueries de masse ou des prises d’otages.

« Ce sont des télépilotes spécialement formés, capables de décrypter tout type d’images captées par des drones, notamment celles prises avec des caméras infrarouges la nuit », explique à *20 Minutes* une source proche du dossier. Observer l’intérieur d’un bâtiment, localiser un forcené, détecter la présence possible d’armes… Leur contribution est essentielle pour fournir des renseignements en temps réel, utiles avant de lancer un assaut. « Les drones sont emportés lors de chaque opération mais ne sont pas systématiquement utilisés, c’est décidé au cas par cas », précise une source sécuritaire. Ces appareils se révèlent également très utiles pour les gendarmes d’élite lors de missions de renseignement, pour effectuer des filatures discrètes ou des observations prolongées.

La section des moyens spéciaux forme et équipe les télépilotes qui sont affectés aux 14 antennes locales du GIGN. Ses membres sont également responsables de la veille technologique et doivent se tenir informés des dernières innovations. À cet effet, des partenariats sont établis avec des entreprises. « Il y a également une collaboration à ces propos avec l’AID (Agence Innovation Défense), la DGA (Direction générale de l’Armement), » explique un bon connaisseur de l’unité. Le GIGN ne fait pas cavalier seul, ne réfléchit pas seul, mais est suffisamment autonome dans sa pratique des drones.