France

Loi sur le 1er-Mai : le gouvernement ne se prononce pas avant réunion syndicats

Le gouvernement a exclu la convocation d’une commission mixte paritaire sur le texte visant à élargir le travail le 1er-Mai. Aujourd’hui, le 1er-Mai reste le seul jour férié obligatoirement chômé en France, avec des activités pouvant ouvrir sans salariés.


Pas de passage en force… pour l’instant. Sous la pression des syndicats, le gouvernement a décidé lundi de ne pas convoquer une commission mixte paritaire (CMP) dès mardi, concernant le projet d’élargissement du travail le 1er mai. Depuis vendredi, à la suite du rejet tactique de cette proposition de loi, les rebondissements se multiplient.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires) a demandé de ne pas convoquer cette commission afin de « respecter la démocratie sociale et la démocratie politique ». Quelques heures plus tard, Matignon a précisé qu’il n’y aurait pas de « passage en force ».

Lundi, une source gouvernementale a confirmé que le Premier ministre « n’a pas l’intention de convoquer la commission mixte paritaire à ce stade », en attendant une réunion avec les syndicats prévue à 18 heures avec le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou.

Reculer pour mieux sauter ?

« C’est un signe positif », a commenté Cyril Chabanier, président de la CFTC, tout en exprimant son « pessimisme » quant à l’issue du texte, compte tenu de la majorité favorable à l’Assemblée. Les syndicats visent à « détricoter au maximum » la proposition de loi et à restreindre la liste des établissements autorisés à ouvrir le 1er mai. « Ce soir, il faut des actes très forts et très clairs », a averti Sophie Binet, qui appelle le gouvernement à « s’en remettre à la démocratie sociale ».

Selon le projet de décret envoyé aux syndicats, de nombreux commerces pourraient être concernés : grandes enseignes de boulangerie, glaciers, chocolatiers, boucheries, poissonneries, mais aussi magasins de fruits et légumes, jardineries, cinémas et lieux culturels. Les syndicats qualifient ce texte d’« incursion téméraire vers une ouverture élargie le 1er mai ».

Actuellement, le 1er mai demeure le seul jour férié légalement chômé en France. Certaines activités peuvent ouvrir, mais sans salariés, sous peine d’amende. Ce débat a été relancé suite à plusieurs sanctions infligées à des boulangers ayant fait travailler leurs employés.