Belgique

Les mutuelles réagissent à un rapport de l’Inami mal interprété sur les malades de longue durée aptes à travailler.

L’échantillon de 290 personnes malades, qui bénéficiaient d’une allocation en raison d’un diagnostic de « maladies de longue durée », n’est pas représentatif selon le Collège Intermutualiste National belge (CIN-NIC). En 2024, il a été constaté que les médecins-contrôleurs rendaient un avis différent de ceux des mutuelles dans seulement 0 à 5,5% des cas.


L’article du quotidien flamand évoque un échantillon de 290 personnes malades bénéficiant d’une allocation en raison d’un diagnostic de « maladie de longue durée ». Toutefois, selon le Collège Intermutualiste National belge (CIN-NIC), cet échantillon n’est pas représentatif. En effet, il provient d’une sélection restreinte de patients ayant, en moyenne, de meilleures chances de guérison, certaines pathologies comme le cancer n’étant pas incluses.

De plus, de nombreux patients souffrant de troubles mentaux ou de problèmes de dos et d’articulations figuraient dans cet échantillon. L’évaluation de ce type de syndromes s’avère plus complexe, le contexte et la période de référence jouant un rôle crucial. L’utilisation de médicaments au moment du contrôle a également été mal intégrée dans le critère d’évaluation de la maladie : les personnes ne suivant pas de traitement médicamenteux étaient considérées comme « non malades ». Pourtant, pour de nombreux troubles mentaux, la médication ne fait pas nécessairement partie du traitement.

Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité Chrétienne, déclare : « On monte en épingle quelque chose qui n’était pas représentatif. Et la méthodologie n’était pas bonne. » Le Collège Intermutualiste National souligne que la méthodologie utilisée dans le rapport de 2020 était inappropriée, ce qui explique l’absence de publication du rapport des contrôleurs, que l’INAMI n’a pas transmis malgré la demande.

Il n’est pas rare que des contrôleurs de l’INAMI vérifient des patients et comparent leur diagnostic avec ceux des mutuelles, ce que ces dernières soutiennent. Cependant, « on ne peut pas évaluer une situation de santé à six voire dix mois d’intervalle par rapport au premier diagnostic, comme l’ont fait ces contrôleurs. Il s’agit là d’un nouveau diagnostic. » Pendant un tel laps de temps, la situation du patient a évolué. « Estimons que ces contrôles doivent intervenir dans les 30 jours suivant l’examen initial par la mutualité. Au-delà de ce délai, les résultats perdent leur utilité, comme c’est le cas dans ce rapport. »

Des chiffres plus récents présentent une image différente. Selon Elise Derroitte, « En 2024, on a constaté que les médecins-contrôleurs rendent un avis différent de ceux des mutuelles dans seulement 0 à 5,5% des cas. » Cela représente un ordre de grandeur totalement différent, correspondant à une variation normale dans l’interprétation médicale entre praticiens.

De plus, le rapport date de sept ans, et depuis, la gestion des personnes en incapacité de longue durée par les mutualités a considérablement évolué. Comparer la situation de 2019 à celle d’aujourd’hui est donc impossible. À partir de 2022, d’importants changements structurels ont été mis en place avec le programme Retour au travail : après seulement quatre mois, la capacité résiduelle de travail et une éventuelle orientation vers des coordinateurs Retour au travail sont désormais examinées. Depuis l’année dernière, la communication entre le médecin du travail, le médecin traitant et le médecin-conseil s’est également améliorée grâce à la plateforme TRIO.

L’INAMI confirme cette évolution : « Le système a continué à évoluer de manière progressive et dans une logique d’amélioration continue, tant en matière de qualité des évaluations que d’accompagnement des personnes en incapacité de travail », déclare l’Institut par le biais de son service Communication.