Élargir les possibilités d’emploi par de meilleures politiques
Les institutions financières internationales montrent un intérêt croissant pour la situation du marché du travail au Maroc, signalant des préoccupations concernant son évolution et ses performances. La Banque mondiale a approuvé un financement de 500 millions de dollars destiné à soutenir les objectifs d’emploi et à créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes d’ici 2029.
Les institutions financières internationales portent un intérêt de plus en plus marqué à la situation du marché du travail au Maroc, une attention soutenue qui souligne sans doute des préoccupations concernant son évolution et ses performances actuelles. Pour nombre d’analystes, cet intérêt croissant peut être interprété comme un signe que des déséquilibres subsistent et que les dynamiques de création d’emplois demeurent en dessous des attentes, rappelant que le Fonds monétaire international (FMI) avait plaidé, à la mi-février dernier, pour davantage de réformes liées au marché du travail.
Dans ce cadre, l’institution internationale avait souligné que « la création d’emplois durables demeure une priorité pressante, appelant à un climat des affaires plus propice, un secteur privé plus dynamique, et davantage de réformes liées au marché du travail ». Elle avait également considéré que « l’accélération des réformes des établissements et entreprises publics visant à améliorer leur performance et leur gouvernance est essentielle pour accroître la concurrence et garantir la neutralité du marché entre les entreprises publiques et privées ».
Un nouvel exemple de l’attention des institutions financières : la Banque mondiale a approuvé un financement de 500 millions de dollars en faveur du Royaume, visant notamment à soutenir les objectifs liés à l’emploi. À la rescousse d’un marché du travail apparemment moins en bonne santé qu’on pourrait le penser, l’institution de Bretton Woods a indiqué que « cet engagement majeur vise à élargir les possibilités d’emploi grâce à de meilleures politiques du marché du travail ». Tout y est exprimé.
Dans un communiqué, l’organisme international précise que ce financement est le premier d’une série de trois opérations programmées et qu’il vise également « la dynamisation du tissu des petites et moyennes entreprises (PME) et des investissements catalytiques dans les énergies propres, l’efficacité énergétique et les industries pharmaceutiques tournées vers l’exportation ».
Cet appui soutient la Feuille de route pour l’emploi du Maroc dans des domaines où le changement peut véritablement améliorer la vie de la population. En ce qui concerne l’emploi, l’institution explique que « l’objectif est de créer davantage de débouchés pour les jeunes et les femmes en développant les programmes d’intervention sur le marché du travail, au bénéfice de plus de 330.000 demandeurs d’emploi d’ici 2029, et en alignant mieux les systèmes d’éducation et de formation professionnelle sur les besoins du secteur privé ».
La Banque mondiale souligne également son attention envers l’activité féminine, précisant que celle-ci sera soutenue par l’ajout de plus de 40.000 places dans l’offre de services de garde d’enfants agréés et par la création de 1.200 emplois directs pour les femmes dans ce secteur.
Il est à noter qu’au-delà des réformes du climat d’investissement, cette opération soutient également des mesures visant à améliorer l’environnement des entreprises, avec un accent particulier sur les PME, ces efforts faisant partie d’une démarche plus large de promotion d’une économie plus inclusive et résiliente.
En outre, l’institution continue en indiquant que « ce financement apporte un soutien opportun pour lever les obstacles qui ont jusqu’à présent tenu les investisseurs privés à l’écart. Il vient également appuyer l’essor des services d’efficacité énergétique et le développement de la présence de l’industrie pharmaceutique marocaine sur les marchés internationaux, avec pour objectif d’exportation de multiplier par près de sept d’ici 2029 ».
Selon Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division à la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte, « ces réformes s’attaquent à l’un des obstacles les plus persistants à la création d’emplois au Maroc, à savoir l’émergence trop lente d’entreprises à forte croissance, en améliorant simultanément l’environnement des affaires, en levant les contraintes sectorielles spécifiques et en soutenant l’essor d’entreprises à fort potentiel ».
**Alain Bouithy**

