Montpellier : Lycée Jules-Guesde, des élèves « choqués » par la bagarre prof-élèves
Un enseignant a giflé un élève dans le lycée Jules-Guesde de Montpellier vendredi, ce qui a entraîné une réaction violente d’un second élève. Des appels au blocus du lycée ont fleuri sur les réseaux sociaux, mais un élève estime que « c’est un phénomène isolé » et que le climat reste « globalement sain ».
Devant le lycée Jules-Guesde, la discussion s’intensifie. Ce lundi, l’incident survenu dans cet établissement de Montpellier vendredi est au cœur des échanges. Un enseignant a giflé un élève, avant d’être lui-même frappé par un autre élève. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.
Le professeur est vu en train de filmer un élève dans un couloir du lycée, apparemment pour l’identifier. Le lycéen tente alors de lui prendre son portable, conduisant à une réaction immédiate et violente de l’enseignant. Des mesures conservatoires ont été prises à l’encontre de tous les protagonistes de cet incident.
« On est dans un établissement globalement sans histoire », précise Adam, « choqué. Les bagarres entre élèves sont déjà extrêmement rares. Mais entre un professeur et un élève, c’est la première fois que je vois ça ». L’ancien lycée Mas de Tesse, ayant longtemps eu une mauvaise réputation, bénéficie depuis plusieurs années d’une nouvelle image grâce à l’ouverture de sections internationales bilingues.
« Ils auraient pu éviter d’en arriver là », soupire Maëlle. « La situation a vite dégénéré pour pas grand-chose », estime aussi Oscar. « C’est une succession d’erreurs. Les deux ont tort, mais je pense que le professeur, qui filme l’élève et le gifle, a une responsabilité plus importante. »
« Le traitement médiatique m’a beaucoup gênée », souligne pour sa part Aurora. « On ne cautionne pas du tout ce qui s’est passé, mais de là à dire que le professeur a été roué de coups comme on a pu l’entendre… » À ses côtés, Louis acquiesce : « Quand on entend qu’un professeur a été agressé, c’est loin de la vérité. »
« Nous avons échangé avec un représentant du rectorat, les responsables de l’établissement et des professeurs », raconte Tiago Georgiadis, élève de terminale, élu au conseil d’administration et au conseil de vie lycéenne. « Les enseignants ont tenu à préciser qu’ils dénonçaient toute forme de violence, quelle qu’en soit l’origine. Le but est de trouver une situation d’apaisement. »
« On a la chance d’être un établissement polyvalent, cosmopolite, multiculturel et international », affirme un autre lycéen élu, Malo d’Hillaire de Moissac. « Cette situation est aussi la conséquence de la stigmatisation des élèves de bac technologique, qui ne bénéficient pas des mêmes efforts que les autres. Il y a aussi un manque d’espaces spécifiques pour les élèves, ainsi qu’un problème plus général de manque de moyens et de sureffectif dans de nombreuses classes. »
Sur les réseaux sociaux, des appels au blocus du lycée Jules-Guesde pour mardi matin sont nombreux. « Pour nous, l’école n’est pas un lieu de rivalités entre profs et élèves, tranche Malo. Nous avons tous été fortement choqués par ce qui s’est passé vendredi. Mais c’est un phénomène isolé et un blocus entraînerait des risques de débordements dans un établissement où le climat est globalement sain. »

