Le rachat de SFR ne serait pas finalisé avant quelques semaines.
Le consortium Orange-Bouygues-Iliad s’apprête à déposer une deuxième offre de rachat pour acquérir SFR, après avoir vu sa première offre de 17 milliards rejetée. Patrick Drahi ne voudrait pas moins de 23,6 milliards d’euros pour la vente de SFR, alors que le prix de valorisation pourrait être estimé à 20,5 milliards d’euros selon JP Morgan.
Le consortium Orange-Bouygues-Iliad se prépare à présenter une seconde offre de rachat pour acquérir SFR, ce qui ne relève plus que d’un délai. Alors que SFR cherche à faire monter les enchères, le processus pourrait être influencé par le calendrier politique.
Le rachat de SFR entre dans « les arrêts de jeu ». Ces déclarations d’un dirigeant d’un des quatre opérateurs rapportées par L’Informé laissent présager de l’évolution imminente du dossier de vente de SFR. Plusieurs mois après le rejet de sa première offre de 17 milliards d’euros, le trio Orange-Bouygues-Iliad serait sur le point de soumettre une nouvelle proposition dans quelques semaines, selon des sources.
Le prix doit encore être fixé par le consortium. D’après la banque JP Morgan, SFR serait évalué à 20,5 milliards d’euros si la vente aboutit à une consolidation du marché, et à 16,5 milliards si ce n’est pas le cas. Toutefois, Patrick Drahi ne souhaiterait pas descendre en dessous de 23,6 milliards d’euros, car l’accord des créanciers ne sera plus nécessaire pour finaliser l’opération au-delà de ce montant. Un des acheteurs a exprimé son étonnement auprès de L’Informé : « Ils sont très durs dans les négociations, alors que ce sont eux qui ont le plus à perdre. »
La possibilité d’un échec des négociations est envisagée. Bouygues, Orange et Iliad y perdraient car les investisseurs misent beaucoup sur une consolidation du marché. Cependant, SFR serait probablement le plus touché. Avec une dette de 16 milliards d’euros et des performances financières déficitaires, le deuxième opérateur du marché pourrait se retrouver en difficulté. Si Orange, Bouygues et Free abandonnent SFR, ce dernier pourrait envisager une vente à la découpe à des opérateurs étrangers ou à des fonds souverains, mais pour un montant inférieur.
On estime que la deuxième offre de rachat pourrait tomber autour de la fin avril. Cette période coïncide également avec une échéance pour Orange qui doit finaliser son acquisition de MásOrange, transformant ainsi l’opérateur historique en un groupe européen, comme Iliad. Avec deux opérateurs majeurs, le dossier de rachat de SFR passerait aux mains de la Direction Générale de la Concurrence. Bien que Bruxelles pourrait se montrer plus favorable à la consolidation suite au rapport Draghi sur la perte de compétitivité européenne, une procédure à Paris serait préférable, car elle aurait lieu « à domicile », avec des régulateurs mieux informés sur les spécificités du marché français.
Enfin, même s’il n’y a pour l’instant aucune certitude qu’Altice France accepte la deuxième offre, un refus lui serait défavorable à cause de l’agenda politique. La fin des élections municipales a déclenché la course vers l’Élysée, et le rachat de SFR pourrait devenir un enjeu politique si le dossier s’éternise. En effet, les vagues de licenciements prévues et le risque d’augmentation des prix des forfaits, à un moment où le pouvoir d’achat sera un thème central de la prochaine campagne présidentielle, pourraient capter l’attention. La souveraineté de nos infrastructures pourrait également faire la une si un scénario de vente à des fonds souverains se concrétisait.

