Belgique

Viktor Orbán : une défaite emblématique pour le leader hongrois.

Viktor Orbán, en seize ans de pouvoir, a fait de la Hongrie un manuel à ciel ouvert du national-populisme et de la démocratie illibérale, où les élections sont libres, mais où l’État de droit et les contre-pouvoirs sont affaiblis. Le soutien officiel de l’Amérique à Viktor Orbán et le soutien officieux de Moscou n’auront donc pas suffi à éviter sa défaite.

Attention mondiale sur le scrutin en Hongrie

Un scrutin en Hongrie a suscité une attention sans précédent, allant de Washington à Moscou, de Buenos Aires à New Delhi, et de Rome à Bruxelles. Viktor Orbán, au pouvoir depuis seize ans, a transformé la Hongrie en un laboratoire du national-populisme et de la démocratie illibérale, un régime où les élections sont libres mais où l’État de droit et les contre-pouvoirs, tels que la justice, la presse, l’administration et les syndicats, sont affaiblis.

Son expérience a été observée, analysée et reproduite, notamment par les conseillers de Donald Trump. Steve Bannon, un ancien conseiller de Trump, a même déclaré qu’Orbán représentait « Trump avant Trump ». Ainsi, Orbán a été un modèle pour Trump, bien qu’il ait reconnu sa défaite, une défaite considérée comme un exemple à suivre.

Viktor Orbán, un modèle pour le Vlaams Belang et les MAGA

En Belgique, certains ont également vu en Viktor Orbán un modèle, notamment le Vlaams Belang, le seul parti à revendiquer explicitement son influence.

La relation entre la N-VA et Orbán s’est révélée plus complexe. Dans un long post sur Facebook, Theo Francken, ministre de la Défense, a admis « avoir eu de la sympathie pour Orbán », surtout pour sa lutte contre l’immigration. Cependant, il a souligné que « la collusion avec Moscou était devenue insupportable, et son mépris constant pour l’Union européenne est hypocrite ». Francken, qui se considère toujours atlantiste, exprime une amertume face au soutien de Trump et de JD Vance à Orbán. La visite du vice-président américain en Hongrie confirme, selon lui, « les derniers doutes sur un agenda de soutien aux forces anti-Union européenne ». Il assume également une « frustration face à l’immense incompréhension transatlantique ».

Pour le gouvernement belge, la défaite de Viktor Orbán est perçue comme un soulagement. Comme dans presque tous les pays européens, même ceux proches idéologiquement, le blocage persistant de la Hongrie concernant l’aide à l’Ukraine avait fini par irriter toutes les capitales de l’Union. Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères, a qualifié la situation de moment historique.

Une défaite malgré les soutiens internationaux de l’extrême droite

Le soutien officiel des États-Unis à Viktor Orbán et le soutien non officiel de Moscou n’ont donc pas suffi. Il est probable que la défaite d’Orbán puisse être attribuée d’abord à l’usure du pouvoir et à la corruption, avant d’être interprétée comme une défaite de ses idées illibérales ou même une victoire de l’Europe. Cela pourrait être considéré comme une vision biaisée de la réalité.

Cependant, une conclusion est que le label MAGA, délivré par l’administration Trump, n’a pas été efficace. Theo Francken a avancé, même avant les résultats, que le soutien de Trump était « plus un fardeau qu’une opportunité ». En Italie, un autre bastion de l’extrême droite en Europe, Giorgia Meloni a aussi ouvertement pris ses distances avec un allié américain devenu de plus en plus problématique.

Donald Trump ne favorise pas l’extrême droite en Europe. Il a même, d’une certaine manière, contribué à la défaite de son modèle, établissant ainsi une leçon pour tous les scrutins à venir.