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Les Iraniens ne voient plus d’espoirs de paix après l’échec des pourparlers.

Mahsa, une trentenaire travaillant pour une société d’exportation à Téhéran, affirme : « Cela fait maintenant presque 45 jours que je vois tout le monde stressé ». L’Organisation de médecine légale iranienne a indiqué dimanche avoir identifié 3.375 personnes tuées depuis le début de la guerre.


« Je voulais vraiment qu’ils fassent la paix », déclare à l’AFP Mahsa, une femme dans la trentaine travaillant pour une société d’exportation à Téhéran. « Cela fait maintenant presque 45 jours que je vois tout le monde stressé. Nous sommes vraiment dans une mauvaise situation. »

Annoncé ce dimanche, l’échec des négociations marathon engagées samedi à Islamabad a douché ses espoirs ainsi que ceux de nombreux compatriotes, laissant planer le doute sur le respect du cessez-le-feu de deux semaines établi le 8 avril entre l’Iran et les États-Unis.

Bien que la capitale semble vivre une journée presque normale, avec des passants et des voitures dans les rues ainsi que la majorité des commerces ouverts, l’activité tourne tout de même au ralenti.

Dans cet attentisme, Hamed, 37 ans, pressent une reprise des hostilités. « J’aurais préféré la paix, mais je pense qu’il n’y a pas d’autre voie que la guerre et l’affrontement », déclare-t-il.

« D’après ce que je vois et ce que j’entends, malheureusement nous retournons en guerre et il semble que nous allions vers une longue guerre », ajoute-t-il, faisant état d’un manque d’informations sur un éventuel reprise des pourparlers.

Entre-temps, le président Donald Trump a ordonné un blocus naval américain du détroit d’Ormuz, suscitant en retour la menace iranienne de s’y faire piéger dans un « tourbillon mortel ».

Critiquant le refus « intransigeant » de l’Iran de renoncer à ses ambitions nucléaires durant les pourparlers de paix à Islamabad, il a également réaffirmé qu’il était prêt à frapper les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence d’accord.

Un cauchemar pour Nahid, une femme au foyer de 60 ans, épuisée par des semaines de bombardements israélo-américains, dont les conséquences psychologiques dépassent les destructions matérielles. « Nous ressentons un manque total d’espoir. Nous sommes fatigués de cette incertitude », témoigne cette habitante de Téhéran.

Depuis le début de l’offensive d’Israël et des États-Unis le 28 février jusqu’au fragile cessez-le-feu, de nombreux sites civils, y compris des écoles, des universités et des zones résidentielles, ont été bombardés.

L’Organisation de médecine légale iranienne a indiqué dimanche avoir dénombré 3.375 personnes tuées depuis le début de la guerre.

Peu avant l’annonce du cessez-le-feu, alors qu’un ultimatum américain approchait, Donald Trump avait menacé l’Iran d’un torrent de feu, avertissant qu' »une civilisation entière allait mourir ».

« J’étais stressée jusqu’à trois heures du matin, quand ils allaient attaquer les infrastructures […], personne n’a dormi cette nuit-là », se remémore encore Mahsa.

Farhad, un commerçant de 42 ans, admet également sa déception, bien qu’il s’attendait à l’échec des pourparlers. « Nous savions depuis le début que l’autre camp ne voulait pas trouver une issue » aux.hostilités, conclut-il.