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Mission Artemis-2 : succès du retour sur Terre pour les astronautes

Reid Wiseman et ses compatriotes Christina Koch, Victor Glover, et Jeremy Hansen se sont aventurés plus loin dans l’espace qu’aucun humain avant eux depuis leur départ le 1er avril. L’amerrissage de leur vaisseau Orion a eu lieu à 2h07 la nuit dernière, heure belge, à moins de 2 km de l’endroit prévu.


Partis le 1er avril de Floride, Reid Wiseman, Christina Koch et Victor Glover, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, ont atteint une distance dans l’espace sans précédent pour des humains. Ils ont rapporté des centaines de gigaoctets de données du premier voyage lunaire depuis la dernière mission Apollo en 1972.

En direct sur plusieurs plateformes, ils ont franchi la face cachée de la Lune lundi dernier, capturant en haute définition la Terre se couchant derrière la Lune, oscillant entre des teintes grises et brunes.

Leur vaisseau Orion, ayant dépassé une vitesse de 39 000 km/h, a réussi à amerrir à moins de 2 km de la zone prévue. Ralentis par d’immenses parachutes, ils ont atterri à 2h07, heure belge, une minute avant l’heure anticipée par la NASA.

Ce retour sain et sauf constitue un succès indiscutable pour la NASA après des investissements de plusieurs dizaines de milliards de dollars, des années de retard et de nombreux doutes quant à la relance de l’exploration lunaire.

Les hauts responsables de l’agence spatiale ont chaleureusement célébré, lors d’une conférence de presse tardive à Houston, cette mission, qualifiée de « plus importante que nous ayons menée depuis des décennies » par Amit Kshatriya, administrateur adjoint de la NASA, qui a ajouté : « C’est sans aucun doute un tournant décisif pour nous tous ».

Jared Isaacman, chef de la NASA nommé par Donald Trump, a déclaré à bord du navire de la Marine américaine où les astronautes ont été ramenés, tout sourire et encore en uniforme orange : « Ce n’est que le début ». Il a promis que « nous allons continuer à faire cela avec fréquence, jusqu’à ce qu’on atterrisse sur la Lune en 2028 pour y construire une base ».

Le président américain Donald Trump a exprimé sa fierté sur son réseau Truth Social, tandis que le Premier ministre canadien Mark Carney a salué sur X le succès de ce « exploit historique ».

Le bouclier thermique d’Orion, dont la solidité avait suscité des inquiétudes après la perte de morceaux lors d’un test à vide en 2022, a apparemment réussi à résister aux 2 700 °C générés lors de sa réentrée dans l’atmosphère.

Cet amerrissage contrôlé a dissiper les inquiétudes autour de la mission, qualifiée de « mission parfaite » par le directeur de la NASA. Ce vol avait pour objectif de s’assurer que la nouvelle fusée lunaire SLS et son vaisseau Orion étaient prêts pour un retour américain sur la surface lunaire.

La NASA prévoit une nouvelle mission en 2027, qui ne se rendra pas jusqu’à la Lune, avant d’envoyer des astronautes sur la surface en 2028 lors de la quatrième mission Artémis, au cours de la dernière année du mandat de Donald Trump, avant la Chine, qui prévoit d’envoyer ses taïkonautes sur la Lune en 2030.

D’ici là, l’agence spatiale américaine espère raviver l’intérêt des Américains pour l’espace à travers Artémis. Cependant, des experts doutent que les alunisseurs développés par les entreprises des milliardaires américains Elon Musk et Jeff Bezos soient prêts à temps.

Cette mission, jugée « quasi-parfaite », est perçue comme « la preuve que lorsque les États-Unis se concentrent réellement sur un objectif, ils peuvent encore réaliser de grandes choses », a déclaré à l’AFP Clayton Swope, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), habituellement critique à l’égard des avancées d’Artémis.

Derek Buzasi, professeur d’astronomie et d’astrophysique à l’Université de Chicago, a admis avoir eu des doutes sur le programme Artémis, mais a exprimé une foi plus forte dans la suite. Le directeur de la NASA a réitéré que cette suite se fera avec des partenaires étrangers.

Bien que des astronautes japonais et allemands étaient prévus pour les futures missions Artémis, cet engagement a été remis en question par des changements récents dans les plans de la NASA. L’Agence spatiale européenne a reconnu qu’elle doit négocier pour maintenir les places de ses astronautes dans les futures missions Artémis.