Universités : Députés veulent interdire les blocages, l’Unef dénonce la « criminalisation des mobilisations »
Une proposition de loi a été déposée le 27 mars dernier pour faire du blocage d’une université une infraction pénale, au même titre que celui d’un établissement scolaire. L’exposé des motifs de cette proposition de loi, rédigée par Anne-Laure Blin et soutenue par 24 autres députés de la Droite républicaine (DR), énonce que « les établissements d’enseignement supérieur et les campus universitaires connaissent de plus en plus des blocages, des occupations illicites occasionnant très souvent d’importantes dégradations ainsi que des problèmes de sécurité liés au développement de la violence ».
Est-ce bientôt la fin des blocages universitaires ? Le 27 mars dernier, une proposition de loi a été déposée pour faire du blocage d’une université une infraction pénale, au même titre que le blocage d’un établissement scolaire. Cette initiative a été dénoncée par le syndicat étudiant Unef, qui a déploré samedi la « criminalisation des mobilisations étudiantes ».
L’exposé des motifs de cette proposition de loi, rédigé par Anne-Laure Blin et soutenu par 24 autres députés de la Droite républicaine (DR), souligne que « les établissements d’enseignement supérieur et les campus universitaires connaissent de plus en plus des blocages, des occupations illicites occasionnant très souvent d’importantes dégradations ainsi que des problèmes de sécurité liés au développement de la violence ».
Le texte précise que « les privilèges universitaires, remontant au Moyen Age, sanctuarisent l’accès aux universités » et que « les forces de l’ordre ne peuvent y pénétrer qu’à la demande expresse du président de l’établissement », sauf « en cas de flagrant délit qui relève de la procédure pénale classique ».
Il est également mentionné que « les articles 431-22 et suivants du Code pénal répriment le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire sans y être habilité ». Les députés demandent donc que le terme « scolaire » soit supprimé de ces articles pour inclure les universités dans la réglementation.
Pour l’Union nationale des étudiants de France, cela représente « une nouvelle étape dans la criminalisation des mobilisations étudiantes » : « Tout en tentant de retirer tout crédit aux mobilisations étudiantes, ce texte renie aussi le rôle des universités comme lieu central du débat démocratique mais aussi d’organisation collective et de contestation sociale », estime l’Unef dans un communiqué.
Le syndicat ajoute : « Derrière ce texte de loi, la logique est claire : dissuader les étudiants de se mobiliser en instaurant la menace permanente d’une intervention policière violente ».

