Mission Artemis-2 : les quatre astronautes rentrent sur Terre avec succès
Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et Jeremy Hansen ont rapporté des centaines de gigaoctets de données du premier périple lunaire depuis la dernière mission Apollo en 1972. La Nasa prévoit une nouvelle mission en 2027 qui ne s’aventurera pas jusqu’à la Lune, avant d’envoyer des astronautes sur la surface en 2028 lors de la 4e mission Artémis.
Partis le 1er avril de Floride, Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen ont exploré l’espace plus loin que quiconque avant eux. Ils rapportent des centaines de gigaoctets de données de leur premier voyage lunaire depuis la dernière mission Apollo en 1972.
Lors d’une diffusion en direct sur plusieurs plateformes, ils ont franchi la face cachée de la Lune lundi dernier, capturant en haute définition le coucher de la Terre derrière la majestueuse Lune aux teintes grises et brunes.
À la suite d’une descente qui les a vus atteindre des vitesses supérieures à 39.000 km/h, leur vaisseau Orion a amerri à moins de 2 km de la cible prévue, grâce à des parachutes géants, à 2h07 heure belge, une minute avant l’heure anticipée par la NASA.
**Un succès**
Le retour sain et sauf des astronautes a apporté un immense soulagement aux familles, faisant de cette mission un succès indéniable pour la NASA, après des décennies de dépenses s’élevant à des dizaines de milliards de dollars, de retards et de doutes sur l’utilité de relancer l’exploration lunaire.
Lors d’une conférence de presse tardive à Houston, les dirigeants de l’agence spatiale ont célébré sans réserve cet accomplissement, qualifiant la mission de « la plus importante que nous ayons menée depuis des décennies », selon Amit Kshatriya, administrateur adjoint de la NASA. « C’est sans doute un tournant décisif pour nous tous », a-t-il déclaré avec enthousiasme.
** »Que le début »**
« Ce n’est que le début », a promis Jared Isaacman, le chef de la NASA nommé par Donald Trump, à bord du navire de la Marine américaine sur lequel les astronautes ont été ramenés, tout sourire et vêtus de leurs combinaisons orange. Il a ajouté : « Nous allons continuer à faire cela avec fréquence, jusqu’à ce qu’on atterrisse sur la Lune en 2028 pour y construire une base. »
« Je ne pourrais être plus fier ! », a déclaré le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social, tandis que le Premier ministre canadien Mark Carney a qualifié sur X cette réalisation d’ »exploit historique ».
Le bouclier thermique d’Orion, qui avait suscité des craintes à la NASA après que des morceaux s’étaient détachés lors d’un test à vide en 2022, a apparemment résisté aux 2.700 °C générés lors de la rentrée atmosphérique.
**Objectif 2028**
Les inquiétudes ont été dissipées par cet amerrissage maîtrisé, concluant environ dix jours de « mission parfaite », selon les termes du directeur de la NASA. Ce vol avait pour objectif de confirmer que la nouvelle fusée lunaire SLS et son vaisseau Orion étaient prêts pour le retour des Américains sur la surface lunaire.
La NASA prévoit une nouvelle mission en 2027, qui ne se rendra pas jusqu’à la Lune, avant d’envoyer des astronautes sur la surface en 2028 lors de la quatrième mission Artémis, durant la dernière année de mandat de Donald Trump, devançant ainsi la Chine qui envisage d’envoyer ses taïkonautes sur la Lune en 2030.
D’ici là, l’agence spatiale américaine espère relancer l’intérêt des Américains pour l’espace à travers le programme Artémis. Cependant, des experts doutent que les atterrisseurs développés par les entreprises des milliardaires américains Elon Musk et Jeff Bezos soient prêts à temps.
Cette mission « quasi-parfaite » démontre que « quand les États-Unis se concentrent vraiment sur un objectif, ils peuvent encore accomplir de grandes choses », a souligné Clayton Swope du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS), habituellement sceptique quant au programme Artémis.
« D’ailleurs, j’avoue avoir eu des doutes quant au programme Artémis, mais je crois davantage maintenant à la suite », a également déclaré Derek Buzasi, professeur d’astronomie et d’astrophysique à l’Université de Chicago. Cette suite continuera de se faire avec les partenaires étrangers, a réaffirmé le chef de la NASA vendredi soir.
Initialement, un Japonais et un Allemand étaient censés voyager à bord de futures missions Artémis, mais cet engagement a été remis en question par les récents bouleversements dans les plans de la NASA. L’Agence spatiale européenne a reconnu qu’elle devait négocier pour garantir les places de ses astronautes dans les prochaines missions Artémis.

